Publié le 10 Novembre 2023

La bannière 2023 !

La bannière 2023 !

Cela faisait trois ans que Rémi et moi attendions de pouvoir faire ce périple. Une année Covid, puis les incertitudes post-Covid et enfin quelques problèmes de calendrier nous avaient contraints de reporter ce voyage planifié de longue date.

Pendant ce temps-là nos horloges internes rajoutaient inlassablement des années à chacun d'entre nous, rendant la décision d'y aller (ou pas), de plus en plus plus pressante. Cette année, tous les feux étant enfin au vert, il n'y avait pas de temps à perdre.

Dates et trajet furent fixés; la route et les profils étudiés; le départ décidé.

Nous trouvant dans des régions différentes de France au moment du départ fixé pour la fin août, début septembre, nous avions convenu de nous retrouver à la frontière espagnole et de rejoindre Pampelune, réel point de départ de notre périple.

Préférant pédaler pour rejoindre notre point de rendez-vous, plutôt que de devoir subir le comportement anti-commercial et fossilisé de la SNCF vis à vis du vélo, mon épouse me transporta, en voiture, jusqu'à Marans, (au nord de La Rochelle), afin de pouvoir caler ce voyage dans nos calendriers de fin d'été, entre des butées que ni Rémi ni moi ne pouvions déplacer. 

De là, quelques centaines de kilomètres jusqu'au point de départ à la frontière seraient un bon échauffement pour les épreuves que nous allions devoir affronter.

En effet, l'étude des cartes du Camino Francés montraient clairement que les étapes 'Pyrénées' puis 'Asturies et Galice' nous gratifieraient d'un lot non négligeable de difficultés liées au relief -essentiellement-.

La découpe des étapes était celle d'une brochure que j'avais obtenue il y a quelques années au 'Camino Society' à Dublin, détaillant par le menu kilométrages, dénivelés, points d'intérêt, hébergements etc.. Une mine de renseignements fort utile.

Nous avons roulé sur le Chemin quand il était praticable en vélo, et sur la route parallèle à celui-ci quand son état se trouvait trop dégradé (pluies, ornières, boue, gros galets..) ou quand la présence de vélos pouvait être pénible pour les Pèlerins à pied (étroitesse des sentiers...). L'expérience nous a prouvé qu'il est illusoire de faire le Camino avec autre chose qu'un VTT, chargé seulement de deux sacoches ARR et d'une de guidon. Le Chemin présente beaucoup de difficultés de surface que des pneus étroits ont énormément de mal à négocier.

Quatorze jours devaient suffire pour parcourir le trajet. J'en avais rajouté trois pour nous permettre des arrêts prolongés à Burgos et Leon et pour profiter de notre arrivée à Santiago, avant le retour.

 

Départ fixé à Dantxarinea, direction Pampelune, via les cols d'Otxondo et Belate...évitant les tunnels...

Départ fixé à Dantxarinea, direction Pampelune, via les cols d'Otxondo et Belate...évitant les tunnels...

Tous les Chemins mènent à Santiago... Carte des années 1640.. Toujours d'actualité.

Tous les Chemins mènent à Santiago... Carte des années 1640.. Toujours d'actualité.

Quelques vues de la descente vers l'Espagne sur la "Vélodyssée". Plusieurs jours de canicule d'Enfer.

En France, le thermostat était sur 8

En France, le thermostat était sur 8

Vitrail dédié à Samuel Champlain, église de Brouage

Vitrail dédié à Samuel Champlain, église de Brouage

Chargement considérablement allégé car le Chemin s'annonçait physique.

Chargement considérablement allégé car le Chemin s'annonçait physique.

Pêcheries sur pilotis pour la pêche au carrelet.

Pêcheries sur pilotis pour la pêche au carrelet.

L'extraordinaire Phare de Cordouan au large de l'embouchure de l'estuaire de la Gironde

L'extraordinaire Phare de Cordouan au large de l'embouchure de l'estuaire de la Gironde

Basilique de Soulac-sur-mer

Basilique de Soulac-sur-mer

Plage de Montalivet les bains : le ciel augurait mal, mais c'est finalement passé

Plage de Montalivet les bains : le ciel augurait mal, mais c'est finalement passé

Le très beau lac de Carcans

Le très beau lac de Carcans

Le Bassin d'Arcachon avant une pluie salutaire..

Le Bassin d'Arcachon avant une pluie salutaire..

Puis des kilomètres de lignes droites, faciles, mais vite monotones...

Puis des kilomètres de lignes droites, faciles, mais vite monotones...

Au delà d'Arcachon, le parcours ne présente pas d'intérêt particulier. Longues lignes droites interminables bordées de pins à perte de vue. Hâte d'arriver au point de rencontre qui sera finalement atteint le 30 août... sous une pluie battante.

En route pour Pampelune ! La météo espagnole nous réservera bien des surprises...

En route pour Pampelune ! La météo espagnole nous réservera bien des surprises...

30 août 2023. Dantxarinea - Pampelune. 85 km, via les cols d'Otxondo et Belate.

Départ sur la N-121b qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour nous échauffer. La pluie froide n'arrange rien. Passé le col d'Otxondo, ce sera une très longue descente d'une quinzaine de kilomètres dont nous ne pourrons profiter à plein par crainte de laisser des plumes sur la chaussée trempée. Passage dans Elizondo en direction de Berroeta d'où nous suivons une route plus ou moins parallèle à la 121b dans le but d'éviter les deux tunnels interdits aux vélos. Le relief se rappelle à nous aux alentours de Almandoz où les cyclistes subissent plusieurs côtes interminables jusqu'au sommet du col de Belate, atteint vers 13h sous une pluie froide et drue. Très souvent la route serpentait au dessus des nuages, flottant en contrebas.

Bois sombres de pins et de hêtres, routes à blanc d'eau, vent froid... la totale pour la mise en route officielle.

 

 

Montée vers le col de Belate

Montée vers le col de Belate

Des forêts de grands sapins sombres

Des forêts de grands sapins sombres

Col de Belate, 823m. Première épreuve réussie. Cycliste heureux !

Col de Belate, 823m. Première épreuve réussie. Cycliste heureux !

Après un sandwich vite avalé au col, ce sera de nouveau une longue et belle descente que l'on n'apprécie pas, étant trempés et gelés jusqu'aux os. Un arrêt à l'auberge 'Venta de Ulzama' quelques kilomètres en contrebas du sommet, côté Pampelune, nous permet de nous réchauffer. Continuation sur la NA-1210

Peu à peu le ciel s'éclaircit et on revit avec un peu de chaleur. Les habits nous sèchent sur le dos. On rejoint  la N-121a que l'on empruntera sur 2-3 km puis ce sera à droite sur une petite route très sympa en direction d'Arraitz, Alkotz, Ripa, Ostiz et Olaiz.... où l'on rejoindra une fois de plus la nationale que l'on ne quittera plus jusqu'aux abords de Pampelune.

Golf de Ulzama, près de Ripa. Le soleil était enfin revenu !

Golf de Ulzama, près de Ripa. Le soleil était enfin revenu !

Notre hébergement trouvé très facilement, se situait à l'entrée nord de Pampelune à Villava. Décision est prise d'y laisser les sacoches et de filer en ville avec les vélos pour profiter de la belle fin d'après-midi. Passage rapide à la Oficina de Turismo pour un coup de tampon sur nos carnets et obtention d'une carte de la ville.

Puis ce sera une longue balade dans un lacis de rues étroites et très animées : la Plaza del Castillo, la place de l'Hôtel de Ville; le circuit des remparts, puis le quartier des arènes : parcours de la Saint Fermin, rue de Roncesvalles pour admirer le Monument au lâcher de Taureaux, magnifique sculpture en bronze, grandeur nature, de Rafael Huerta.

La statue d'Ernest Hemingway, "ami du peuple espagnol", nous rappelle les années tragiques de la guerre civile, les affrontements fratricides subis par une nation divisée par la dictature militaire.

Énième preuve de la fragilité de la Liberté dont  il est illusoire de croire qu'elle est un acquis irréversible.

Un dîner surprise -car nous ne pouvions lire le menu- clôt cette belle première journée.

Malgré l'attente et les reports successifs, le bonheur de rouler ensemble est resté intact.

 

 

Le fronton de l'Hôtel de Ville

Le fronton de l'Hôtel de Ville

C'est moins dangereux de pédaler...

C'est moins dangereux de pédaler...

Encorné ou piétiné ?

Encorné ou piétiné ?

Aux Arènes, le buste d'Ernest Hemingway

Aux Arènes, le buste d'Ernest Hemingway

31 août 2023. Villava (Pampelune) - Estella. 59 km. Grosse chaleur, chemins caillouteux et un col et des bosses en prime.

Après avoir assisté au ravage du buffet du petit déjeuner par deux cars de touristes du 3ème âge, totalement hors de contrôle (et laissant la moitié de ce qu'ils avaient pris sur leurs assiettes...), on met en route, pas spécialement en avance sur l'horaire que l'on avait décidé la veille au soir.

Sortie de ville problématique, car comme très souvent, la signalisation était confuse.

Au sud de Cizur Menor on se retrouve sur le Chemin des pèlerins à pied car on ne retrouvait pas la petite route prévue, qui nous aurait facilité la vie... Chemin de pierrailles, de caillasses, de galets, de trous, d'ornières, de coulées de sable...la totale ! Impossible de rouler correctement pendant près de 5 km.

A Zariquiegui, la propriétaire de la petite épicerie nous indique le moyen de rattraper une route carrossable.

Ce sera une très longue descente vers Astrain pour rejoindre la N111, (Antigua Carretera Pamplona Medinaceli), une 'nationale' déclassée, courant plus ou moins parallèle à l'autoroute A12, montant lentement jusqu'au col de Perdón.

La grosse chaleur rend l'ascension particulièrement éprouvante bien que la pente moyenne soit restée inférieure à 10%. Heureusement, très peu de circulation, celle-ci étant 'absorbée' par l'autoroute voisine. Une fois le col, bordé de sapins, franchi, c'est une belle route qui nous amène à Puente la Reina, sans grandes difficultés. La statue du pèlerin à l'entrée de la ville est atteinte vers 13h00. On avait bien roulé.

Après une traversée de la petite ville par la 'rua mayor' étroite et encaissée, où peu de monde (raisonnable) était dehors, nous nous arrêtons au pied du vieux Pont des pèlerins, face à la Oficina de Turismo, fermée.

Profitant de l'ombre on avale rapidement un pique-nique de bric et de broc et on remet en route, sous un soleil de plomb via les villages de la N111.

En fin d'après-midi on atteint Estella, dont les vieux quartiers dorment derrière les volets tirés. Un passage à l'OT nous procure un coup de tampon dans nos carnets et une réservation dans un des deux petits hôtels de la ville, "spécialisés" dans l'accueil des pèlerins. Les vélos sont rapidement remisés dans le garage et les cyclistes sous la douche... Pas question de ressortir en ville, les 35°, plus humidité ambiante, ayant eu raison de notre curiosité. En attendant l'heure du repas, on prépare l'étape suivante, vérifiant soigneusement les possibilités d'hébergement.

Dure journée de pédalage. Les 5 km de mauvais chemin inondés par un soleil généreux, le col du Perdón et la chaleur de l'après-midi ne nous avaient pas épargnés... mais qu'importe, on avance tranquillement et on en profite, même si l'on ne va pas très vite.

Le service du dîner commençant à 19h30 nous convenait parfaitement. Pour € 15.50 ce sera une généreuse salade mixte, garnie de thon, d’œuf, d'asperges etc, un jarret de porc, sauce vin, avec frites, et un lait caillé agrémenté de miel maison;  deux pintes de bière locale favorisant la digestion...

Extinction des feux à 22h15 pour une nuit sans lune ni étoiles !

Sortie de Pampelune, sur le 'Chemin'. Ca commençait bien !

Sortie de Pampelune, sur le 'Chemin'. Ca commençait bien !

Guendulain.

Guendulain.

La collection automne était déjà en rayon. Couleurs magnifiques  !

La collection automne était déjà en rayon. Couleurs magnifiques !

Puente la Reina !

Puente la Reina !

Puente la Reina. Belle lumière en contrebas du Pont des Pèlerins

Puente la Reina. Belle lumière en contrebas du Pont des Pèlerins

Le Pont des Pèlerins enjambe l'Arga

Le Pont des Pèlerins enjambe l'Arga

1er septembre 2023. Estella - Logroño, via Los Arcos. 57 km. Très grosse chaleur (38°).

Mise en route vers 9h00 en direction de Logroño. Début de parcours en montée vers le Monastère d'Iraché, lieu incontournable car, hormis la très belle bâtisse, c'est probablement le seul édifice religieux proposant son vin de l'année, en libre-service, aux pèlerins de passage. Scellés dans le mur d'une petite cour, fermée par de hautes grilles, deux robinets permettent aux passants de se désaltérer, soit avec de l'eau, soit avec du vin des vignobles du Monastère.

Cette année, c'est un rosé assez 'rugueux' qui coule, en moussant... La tempérance ne demande aucun effort au-delà de la première dégustation. Pas de risque de succomber à la tentation d'un deuxième essai.

Le monastère est massif, cependant les ornements encadrant portes et fenêtres ont dû être splendides à l'époque de sa construction.

Remise en route sur des chemins n'offrant pas de vraie difficultés. Aujourd'hui, l'ennemi sera la chaleur.

Nouvel arrêt à Los Arcos pour une collation et une boisson fraîche. Coup de chance, l'église est ouverte nous permettant d'admirer le magnifique retable ainsi que les décors de chapelles latérales.

Pas de coup de tampon à la Oficina de Turismo... fermée pour cause de vacances ! Incroyable ! L'aubergiste qui nous y avait envoyés et à qui nous avons raconté l'histoire n'en revenait pas, exprimant ses sentiments profonds vis à vis des employés de la commune dans un vocabulaire que nous ne comprenions pas, mais dont on devinait le sens.

Continuation sur la N111 (déclassée et désertée depuis l'ouverture de l'autoroute toute proche). Traversée de beaux villages endormis tant le mercure s'affolait. Arrivée en fin d'après-midi à Logroño où l'électronique de Rémi, troublée par la chaleur, nous balade au nord, au sud, à l'est et à l'ouest, à travers parcs et banlieues, zones résidentielles et sens interdits... avant finalement de nous mener à l'hébergement choisi.

On aurait dit que la technologie se plaisait à planter le pèlerin se croyant affranchi de l'usage de la bonne vieille carte !

Aux degrés de mercure s'était ajoutée une subite montée du taux d'humidité. Le ciel se peuplait de magnifiques cumulonimbus.

Au moment de mettre en route pour le dîner, l'idée initiale d'aller explorer les options en centre ville, s'est prudemment transformé en repas à la pizzeria du quartier. En effet, à peine installés en terrasse, un orage, en "Technicolor et Dolby surround", éclata brusquement, déversant sur la ville des trombes d'eau accompagnées de fortes bourrasques de vent ... En trente secondes, les stores-bannes furent relevés, les tables débarrassées et les clients rapatriés à l'intérieur du restaurant.. Pas de promenade digestive ce soir !

 

Le monastère d'Iraché

Le monastère d'Iraché

La 'Fontaine'  d'Iraché : robinet de gauche = vin ; robinet de droite = eau.

La 'Fontaine' d'Iraché : robinet de gauche = vin ; robinet de droite = eau.

La campagne s'habillait déjà en 'Collection d'Automne"

La campagne s'habillait déjà en 'Collection d'Automne"

Ciel d'azur à Los Arcos

Ciel d'azur à Los Arcos

La porte de l'église date du XVIIè siècle.

La porte de l'église date du XVIIè siècle.

Au plus haut de la saison de pèlerinage... Bravo !

Au plus haut de la saison de pèlerinage... Bravo !

Le maître-autel. Statue de la Vierge noire de Santa Maria de Los Arcos; bois polychrome du XIIIè siècle

Le maître-autel. Statue de la Vierge noire de Santa Maria de Los Arcos; bois polychrome du XIIIè siècle

Journée de grande soif... il faisait 38° à l'ombre.

Journée de grande soif... il faisait 38° à l'ombre.

Paysages arides avant Logroño

Paysages arides avant Logroño

Affaire à saisir, calme garanti. Quelques travaux à prévoir.

Affaire à saisir, calme garanti. Quelques travaux à prévoir.

Arrêt à Viana : ancêtre inconnu du 'vélo-moteur' !

Arrêt à Viana : ancêtre inconnu du 'vélo-moteur' !

2 septembre 2023. Logroño - Santo Domingo de la Calzada. 49 km. Pluie battante de bout en bout...qui cesse à notre arrivée.

Sortie de Logroño sous un ciel pluvieux encore très chargé, via le "Chemin", sur plusieurs kilomètres, parfois OK mais souvent très boueux à cause de la pluie. Je peine dans la bouillasse. Dommage, car les paysages alentour sont très beaux. La pluie gâche tout.

On traverse le Parque de la Grajera, direction Navarrete, sur un chemin défoncé qui longe l'autoroute. Énormes mares d'eau incontournables. Je pense aux pèlerins à pied...

A Navarrete, petit snack dans un abribus avant de reprendre la route cette fois sur la N120 (déclassée). Son interruption nous oblige à un petit détour via Sotés et Ventosa où nous rattrapons la 120a, direction Burgos.

Passage au nord de Najera puis continuation sur la N120, parallèle à la A12. A la hauteur du Camping 'Bañares', nous quittons la 120 pour une directe sur Santo Domingo. Enfin !

On arrive trempés, transis, dégoulinants à l'auberge 'Atuvera'. Le patron, certainement habitué à ce genre de choses, continue, impassible, de passer sa serpillère tout en nous accueillant très chaleureusement. Les vélos sont rangés dans la cour arrière et bâchés. Les cyclistes, eux, comme s'ils n'avaient pas été suffisamment arrosés tout au long de la route du matin, goûtent avec un plaisir non dissimulé leurs douches chaudes...  qui s'éternisent...

Un fil est tendu à travers la salle d'eau dans le vain espoir que les habits du jour puissent sécher.

Il n'est pas loin de 14h00. Les sandwiches préparés au petit déjeuner à Logroño sont bienvenus. Le "repas" avalé, on file visiter plusieurs monuments que l'on nous avait recommandés. Tout se situe dans la Calle Mayor ou à proximité : Cathédrale, Musées, Tour d'horloge, Couvent... Il ne pleut plus !

Nous sommes samedi. Hormis les visiteurs de passage, la ville semble vide. Où sont partis les habitants ? Mystère ! Les seuls magasins ouverts sont ceux proposant du matériel pour pèlerins : chaussures de marche, sacs à dos, vêtements...  et tout l'assortiment de gadgets dont pourraient avoir besoin les valeureux marcheurs.

Nous profitons pleinement de cette après-midi libre dans cette ville regorgeant de trésors, regrettant malgré tout de ne pas avoir pu sortir la tête du guidon tout au long des 49 km du parcours. Autre regret : ne pas avoir noté les cartouches descriptifs des œuvres découvertes au fil de nos déambulations. Bombardé par tant de richesses, le cerveau n'enregistre plus. ..

Ayant épuisé le catalogue des visites que nous avions sélectionnées, c'est retour à l'auberge pour préparer l'itinéraire du lendemain, et trouver un hébergement abordable et bien situé. Demain nous serons à Burgos.

Les exceptionnelles découvertes faites durant notre tour de ville, ainsi que l'excellent dîner au restaurant 'Hidalgo', recommandé par notre aubergiste, relativisent en fin de compte l'épouvantable expérience de pédalage du matin, probablement une des pires que j'ai jamais vécues depuis le début de mes périples à vélo, (Irlande et Écosse compris).

Ce matin je me prenais à penser aux pèlerins d'antan, avançant 'aveugles' à travers les campagnes, avec pour seuls repères les clochers, les ermitages, les chapelles...marchant sans relâche, bravant la météo, la faim et l'inconfort, parfois au risque de leur vie.. Moi-même, pèlerin du XXIème siècle, n'ayant aucun des soucis de mes prédécesseurs, si ce n'est la pluie battante, je scrutais aussi l'horizon à chaque sommet de côte, espérant voir le clocher de l'église du prochain village, ou mieux encore; une flèche de cathédrale, signe que l'arrivée à l'étape était au bout du chemin, et que les efforts fournis, même d'un tout autre ordre, me rapprochaient enfin du but...

 

 

Au départ de Logroño le ciel n'augurait rien de bon...

Au départ de Logroño le ciel n'augurait rien de bon...

La Maître autel de la Cathédrale de Santo Domingo

La Maître autel de la Cathédrale de Santo Domingo

Cathédrale de Santo Domingo : statue du Saint, âgé.

Cathédrale de Santo Domingo : statue du Saint, âgé.

Cathédrale de Santo Domingo. Saint Jacques pèlerin

Cathédrale de Santo Domingo. Saint Jacques pèlerin

Cathédrale de Santo Domingo. Un vitrail.

Cathédrale de Santo Domingo. Un vitrail.

Glorification du travail.

Glorification du travail.

Santo Domingo : Parmi les cloches dans la tour de l'horloge

Santo Domingo : Parmi les cloches dans la tour de l'horloge

La ville, en contrebas de la tour.

La ville, en contrebas de la tour.

La coquille est omniprésente

La coquille est omniprésente

Couvent de Saint François

Couvent de Saint François

Couvent de Saint François. Annonciation

Couvent de Saint François. Annonciation

L'Eglise du Couvent de Saint François

L'Eglise du Couvent de Saint François

3 septembre 2023. Santo Domingo de la Calzada - Burgos. 73 km. Départ couvert, très frais et menaçant mais sec et ensoleillé à l'arrivée.

Quittons Santo Domingo de bonne heure, par la Carretera de Burgos, en direction de la N120, sous un ciel pas tout à fait remis des exubérances de la veille, mais sec. Le chemin des pèlerins à pied longe la route. Ils sont nombreux ce matin, seuls ou en petits groupes. On entend toutes les langues. Jeunes, vieux, hommes, femmes.. chargés de sacs à dos parfois volumineux, recouverts de capes de pluie, avançant pas à pas vers le but qui est encore bien loin. On n'est jamais seul sur le Chemin. Décision est prise de suivre la N120 pour ne pas déranger les piétons sur les sentiers parfois très étroits.

A peu de distance après Grañon, nous quittons la Rioja pour entrer en Castille et León.

Arrêt à Redecilla del Camino pour un coup de tampon à l'accueil des pèlerins.

Hormis la montée interminable au col de Pedraja (1 150m), commencée dans une fine brume, se transformant peu à peu en brouillard qui se dissipera juste avant le sommet, la majeure partie du trajet sera une succession de faux plats, beaucoup d'entre eux 'montants'.. Malgré tout, 'ça roule bien'.

En absence de fréquentation piétonne, on quitte la N120 pour de longues sections bien roulantes sur le Chemin.

Bref arrêt à Tosantos, dans un petit bar, pour remettre du pétrole dans les cyclistes. On y rencontre un vieux (?) Français, véritable pèlerin professionnel (il nous dit avoir parcouru 24 fois le parcours complet..).

On l'écoute un moment. Intéressant et curieux bonhomme !

Arrivée dans les faubourgs est de Burgos sous un ciel décidément meilleur que celui du matin. Route droite et plate.

Confusion dès les premières rues en ville, le GPS de Rémi n'en faisant qu'à sa tête. Finalement, après avoir visité pas mal de quartiers, on arrive à l'hôtel...mais ce n'est pas le bon. Deux d'entre eux portant un nom similaire. Enfin, après avoir fait trois fois le tour d'un pâté d'immeubles dans l'Avenida del Cid Campeador, on arrive à bon port. La technologie propose certainement d'excellents outils....quand elle ne vous laisse pas en plan pour xyz raisons ou quand elle ne vous balade pas dans un tas d'endroits non sollicités, ajoutant des kilomètres au bout d'une longue journée. En ce qui me concerne, je préfère la bonne vieille carte orientée au nord, montrant les noms de rues qui, par exemple, ne disparaissent pas quand on dé-zoom pour avoir une meilleure vue d'ensemble...

Vélos au sous-sol de l’hôtel dans le cagibi à 'bicis', cyclistes douchés et prêts pour le dîner... qui malheureusement ne sera servi qu'à partir de 20h15. Entre temps on prépare les visites du lendemain. 

N120. Sortie de Belorado... la route à parcourir est encore longue..

N120. Sortie de Belorado... la route à parcourir est encore longue..

Montée au col de Pedraja.

Montée au col de Pedraja.

Au col, à 1 150m d'altitude

Au col, à 1 150m d'altitude

La distance se rappelle à nous.

La distance se rappelle à nous.

Monotonie assurée pour le Pèlerin à pied.

Monotonie assurée pour le Pèlerin à pied.

Entrée de Burgos.

Entrée de Burgos.

4 septembre 2023. Burgos all day.

Il n'était pas concevable de passer à Burgos en coup de vent. Nous avions décidé d'y consacrer une journée entière, (ainsi qu'à León et Santiago de Compostela).

Après un petit déjeuner roboratif nous mettons en route pour une visite de la ville, à pied. Passage sous l'arche de Santa Maria, puis à l'Oficina de Turismo pour un coup de tampon, une carte et des conseils de visite.

Le deuxième arrêt sera la Cathédrale, toute proche. Là, c'est le choc. Le coup sur la tête tant les yeux ne savent où regarder, tant chaque recoin regorge de trésors : qu'ils soient d'ordre architecturaux ou artistiques. La voute et les dômes sont d'extraordinaires dentelles de pierre... les innombrables chapelles, toutes plus riches et complexes les unes que les autres dans leur construction ..

Les mots manquent pour décrire le ressenti à la vue de tant de beauté, de la finesse du travail, de la perfection du détail que les compagnons bâtisseurs et artisans de tous métiers ont offert à la gloire du Créateur, à la contemplation des fidèles, aux yeux des profanes.

Chaque chapelle, chaque détail d'architecture, chaque statue, retable, tableau ou tapisserie mériterait que l'on s'y attarde des heures :  Maître Autel, ou Arbre de Jessé pour ne mentionner que deux exemples. Je recommande de se documenter avant la visite pour tirer le meilleur profit du temps passé dans cet endroit indescriptible.

Abasourdis par cette première visite, nous quittons la Cathédrale en direction de la Plaza Mayor dont un des immeubles était drapé de cinq drapeaux russes.. Passage devant le Palais des Connétables de Castille (Casa del Cordón) puis par des petites rues étroites pavées de galets, montée en direction du Château, perché sur une colline au nord du coude de la rivière Arlanzón.

Soudain le ciel prend une teinte rose-jaune- gris, qui évoluera en une très grosse averse, nous obligeant à nous abriter à l'entrée d'un restaurant surplombant la ville, qui, comme le Château, était fermé.

Un écrivain en mal de ventes, abordant tous les visiteurs arrivant sur le Belvédère, nous propose à notre tour un livre qu'il avait écrit, nous demandant seulement €2 ! Nous lui expliquons que voyageant à vélo et ne lisant pas l'Espagnol, ce ne serait pas une bonne affaire pour nous. Il insiste puis se rend à nos arguments. Nous en avons tous les trois bien ri.  

L'averse passée, ce sera direction le Parque de la Isla, très beau parc (par temps ensoleillé), longeant la rivière en contrebas. C'est vraiment dommage que les arbres goûtaient encore et que le soleil était en congés.

Le retour vers le centre ville ne nous permet pas d'atteindre notre hôtel avant la seconde kolossale averse/orage, qui nous obligera à rester abrités pendant près d'une heure, sous un parasol de bar au coin de la place de la Cathédrale.

Retour 'chez nous' en fin d'après-midi pour préparer les deux étapes à venir, en particulier dénicher des hébergements à prix raisonnables, pas évidents à trouver, (souvent complets).

L'Arche de Santa Maria, porte principale de la ville. XIIIe et XVIe siècles.

L'Arche de Santa Maria, porte principale de la ville. XIIIe et XVIe siècles.

Céramique ornant un mur non loin de l'Arche

Céramique ornant un mur non loin de l'Arche

Porte d'entrée de la Cathédrale.

Porte d'entrée de la Cathédrale.

Une dentelle de pierre.

Une dentelle de pierre.

Un "ange pèlerin"

Un "ange pèlerin"

L'Arbre de Jessé. Généalogie du Christ

L'Arbre de Jessé. Généalogie du Christ

Jessé endormi

Jessé endormi

Scène de Crucifixion. Opposition d'horreur et de magnificence.

Scène de Crucifixion. Opposition d'horreur et de magnificence.

Bas-relief polychrome

Bas-relief polychrome

Le Maître Autel

Le Maître Autel

Détail central du Maître Autel

Détail central du Maître Autel

Autre vue du dôme

Autre vue du dôme

Scène de Crucufixion. Il y en a de nombreuses dans la Cathédrale

Scène de Crucufixion. Il y en a de nombreuses dans la Cathédrale

Dans le déambulatoire du cloître. Succombera-t-elle....

Dans le déambulatoire du cloître. Succombera-t-elle....

.... à ses promesses ?

.... à ses promesses ?

Dans le déambulatoire du cloître

Dans le déambulatoire du cloître

Autre scène de Crucifixion. Un Christ blond..entouré du soleil et de la lune. Ce n'est pas commun.

Autre scène de Crucifixion. Un Christ blond..entouré du soleil et de la lune. Ce n'est pas commun.

Saint Jacques matamore

Saint Jacques matamore

Détail de la façade de la Casa del Cordón

Détail de la façade de la Casa del Cordón

Détail d'une porte de la Casa del Cordón

Détail d'une porte de la Casa del Cordón

Soudain, le ciel prit la couleur de la pierre..

Soudain, le ciel prit la couleur de la pierre..

Au Belvédère, surplombant la ville.

Au Belvédère, surplombant la ville.

Buste de Cervantès au Parque de la Isla

Buste de Cervantès au Parque de la Isla

Pèlerin dépité, à l'arrêt. La pluie de l'après-midi n'est pas celle du matin...

Pèlerin dépité, à l'arrêt. La pluie de l'après-midi n'est pas celle du matin...

5 septembre 2023. Burgos - Carrión de los Condes. 89 km. Parcours roulant.

On craignait le pire. Un autocar de pèlerins, cette fois en direction de Lourdes, avait envahi la salle du petit déjeuner de très bonne heure. Quand nous sommes descendus -de bonne heure aussi car l'étape était longue- ils étaient déjà partis et le buffet regarni...

Avant de quitter on prépare nos sandwiches pour le déjeuner, puis les ânes remontés du sous-sol et re-bâtés, on met en route sous une météo superbe, direction Carrión de los Condes.

La sortie de Burgos vers l'ouest se fait sur une piste cyclable roulante et facile, longeant la N120 que nous emprunterons un peu plus loin, de bout en bout. Peu de relief durant cette étape + belle météo = cyclistes heureux !

Rapidement nous atteignons Olmillos de Sasamón où nous nous arrêtons pour visiter le village. Un château fort kitch borde la route mais le centre du bourg, lui, est authentique. Quelques vieilles maisons, une fontaine apaisante et une petite église ouverte.

Nouveau choc quand le sympathique gardien allume les projecteurs éclairant l'intérieur du monument et le splendide Maître Autel. Là aussi, nous serions restés des heures à écouter l'histoire des lieux, mais l'étape était longue et il fallait filer.

Pique-nique à l'ombre de l'église de Melgar de Fernamental. Aujourd'hui on cherchait l'ombre...

Puis longue route à plat à travers une campagne de tournesols et de maïs, de champs déjà préparés pour les prochaines semailles. Vastes plaines à perte de vue. Nombreux 'parcs' d'éoliennes. Quelques villages intéressants. Mais beaucoup restent très modestes, ancrés dans une tradition agricole.

Carrión est atteint en fin d'après-midi, sans trop de difficultés, si ce n'est la monotonie relative du parcours.

Notre hébergement pour la nuit est un "hôtel automatique". Il n'y a plus personne à la 'Réception'. L’Être humain est totalement remplacé par la machine.

Un automate avec écran tactile, scanner, boitier et clavier de carte bleue permet l'enregistrement, la validation des papiers d'identité et le paiement de la chambre. Une fois tout en ordre, la machine crache les clés magnétiques permettant l'ouverture de la porte d'entrée et de la chambre !

Un bureau vide à la 'Réception' offre des cartes de la ville et des étiquettes pour port de bagages. Le tampon est à disposition des occupants de l’hôtel.

Seule, la propreté irréprochable sauve un peu la face de cet établissement. Mais l'absence totale d'interaction humaine est d'une tristesse infinie.

Après une visite de la ville, de ses nombreux lieux de culte et du parc où coule la rivière Carrión, nous nous installons à la terrasse d'un très sympathique restaurant sur la Plaza Mayor, pour un délicieux repas de pèlerin, bien mérité.

Excellente journée de pédalage malgré la distance. Espérons que la pluie ne soit plus qu'un mauvais souvenir.

 

 

 

 

Burgos. La Cathédrale. La même dentelle à l'extérieur du dôme.

Burgos. La Cathédrale. La même dentelle à l'extérieur du dôme.

La campagne avant Olmillos

La campagne avant Olmillos

Les moissons sont terminées

Les moissons sont terminées

La Via Aquitania, route alternative sur le Camino Francés

La Via Aquitania, route alternative sur le Camino Francés

Un des innombrables faux-plats montants. Mais rien à voir avec le début et la fin du périple..

Un des innombrables faux-plats montants. Mais rien à voir avec le début et la fin du périple..

Lumière de fin d'été. La campagne fait la sieste.

Lumière de fin d'été. La campagne fait la sieste.

Le château-hôtel kitch de Olmillos de Sasamón

Le château-hôtel kitch de Olmillos de Sasamón

Place de l'église à Olmillos

Place de l'église à Olmillos

L'église d'Olmillos. Tout est splendeur !

L'église d'Olmillos. Tout est splendeur !

La campagne alentour, est plus modeste...

La campagne alentour, est plus modeste...

Sur de telles routes les vélos avaient des ailes

Sur de telles routes les vélos avaient des ailes

Padilla de Abajo

Padilla de Abajo

Art naïf au village

Art naïf au village

L'église de Padilla de Abajo

L'église de Padilla de Abajo

Détail de la façade... Elle avait dû être belle

Détail de la façade... Elle avait dû être belle

Rue du Village

Rue du Village

Melgar de Fernamental.

Melgar de Fernamental.

Le Canal de Castille

Le Canal de Castille

La campagne au Canal de Castille

La campagne au Canal de Castille

La Chapelle de San Pantaleón, près d'Osorno

La Chapelle de San Pantaleón, près d'Osorno

Tournesol à perte de vue

Tournesol à perte de vue

Contribution à la culture des masses à Carrión de los Condes

Contribution à la culture des masses à Carrión de los Condes

Lumière de fin d'après-midi à Carrión

Lumière de fin d'après-midi à Carrión

Carrión : Eglise de Saint André apôtre; le Saint sur la croix qui portera son nom.

Carrión : Eglise de Saint André apôtre; le Saint sur la croix qui portera son nom.

Plus que 401 kms à parcourir.

Plus que 401 kms à parcourir.

6 septembre 2023. Carrión de los Condes - Sahagún. 45 km. Promenade digestive.

Petit déjeuner extra au même restaurant que celui du dîner d'hier. Impossible à notre 'hôtel automatique', à moins d'y installer des distributeurs. A € 4 chacun on se demande comment le "Yo Qué Sé" survit ?

Après une session photos devant la statue du pèlerin au bout de la Calle Santa Maria, nous mettons en route pour la N120, direction Sahagún, une balade facile et agréable de 45 km. Interminables parcelles de tournesol et de maïs (irrigué..). En y regardant de plus près on se rend compte que tout cela pousse dans des champs essentiellement composés de galets, où une terre pauvre rougeâtre, cuite par le soleil, peine à nourrir les cultures. 

Aucune difficulté sur la N120. Très longues lignes droites, monotones, sans aucune végétation, donc pas d'ombre... Cela doit être 'mortel' pour les pèlerins à pied. 

Les villages traversés ne respirent pas l’opulence. Beaucoup de bâtiments en ruine, effondrés, car construits en 'briques' de terre séchée renforcées par des bâtons. Une fois le parement attaqué tout s’écroule.

Une fois encore, il n'y a personne dans les rues. Pas d'enfants, ni de vieillards. Pas de vie. Où sont-ils tous passés ?

On arrive à Sahagún vers 13h30. Installation à l'hostal San Juan. Vélos dans le garage, partagé avec des rangées de cages à poules et autres volailles piaillant au premier mouvement. Pas besoin de chien de garde.

Avant de partir en visite on assure deux nuits à León. On y passera toute la journée du 8 septembre. Ce sera une autre expérience inoubliable.

Passage au Monastère "Sanctuario de la Peregrina". On y délivre la Carta Peregrina, certificat attestant que le pèlerin a atteint le 'centre géographique' du Camino Francés.

Le Monastère comprend un très intéressant musée abritant une collection de magnifiques  'yeserias' (ornements en plâtre ciselé, polychrome -art Mudéjar). L'expo temporaire d’œuvres d'art sacré contemporain de l'artiste Melchor Gutiérrez est splendide.

Retour à l'hostal, après avoir bien profité de notre balade pédestre dans les centres historiques de Sahagún.

Dîner décevant à tous points de vue (accueil, nourriture et service) au restaurant Plaza, (pourtant recommandé par l'hostal). Un restaurant qui gagne à ne pas être connu !!

 

 

 

Nos vélos étaient bien gardés.

Nos vélos étaient bien gardés.

Le pèlerin de Carrión.

Le pèlerin de Carrión.

Sortie de Carrión, plaines céréalières à perte de vue

Sortie de Carrión, plaines céréalières à perte de vue

...mais aussi, champs de galets...ou paysage martien ?

...mais aussi, champs de galets...ou paysage martien ?

Bâti comme cela, ce n'est pas étonnant que ça s'écroule rapidement.

Bâti comme cela, ce n'est pas étonnant que ça s'écroule rapidement.

Ici aussi la campagne se repose après la moisson

Ici aussi la campagne se repose après la moisson

Sortie de Calzadilla de la Cueza. La cheminée sort de la butte.

Sortie de Calzadilla de la Cueza. La cheminée sort de la butte.

Les tournesols poussent partout...

Les tournesols poussent partout...

Entrée de Terradillos de los Templarios. Village fantôme

Entrée de Terradillos de los Templarios. Village fantôme

Collation du matin. L'ombre est rare sur la route.

Collation du matin. L'ombre est rare sur la route.

Intérieur du Sanctuario de la Peregrina, Sahagún. Après des années de restauration.

Intérieur du Sanctuario de la Peregrina, Sahagún. Après des années de restauration.

Panneau de Yeseria

Panneau de Yeseria

Autre Yeseria, plus complexe.

Autre Yeseria, plus complexe.

La Virgen de los Reyes, oeuvre de Melchor Gutiérrez

La Virgen de los Reyes, oeuvre de Melchor Gutiérrez

Détail d'une autre robe...

Détail d'une autre robe...

..et d'une troisième..

..et d'une troisième..

7 septembre 2023. Sahagún - León. 72 km de trajet bien plat et bien monotone. Super météo.

Départ comme d'hab, vers 9h00 du matin. (Un périple à vélo doit rester, avant tout, un moment de plaisir...). On s'élance sur la N120, parcourant une succession de routes bien plates, rapidement très monotones. Quelques bosses malgré tout, mais rien de sérieux. Peu après Castrovega de Valmadrigal on rejoint la N601, direction Nord-ouest. A la monotonie du plat s'ajoute celle de la ligne droite : la première sera de 10 km sans le moindre virage. Les ânes d'aluminium se transforment soudain en Pégases ailés. Ils ont intérêt à en profiter...

On ne quittera la N601 que lorsque le ras-le-bol nous atteindra, à environ 15 km de León. Le Chemin semblait tout à coup praticable aux vélos et les pèlerins à pied étaient peu nombreux. Bien que circulant maintenant en bordure de route, nous n'en avions plus les inconvénients. Moins de circulation et de bruit et moins de lignes droites.

Arrêt à Santa Martas pour un snack sous les petits platanes de la place de l'église. Seule végétation dans tout le village ! Tout était calme, lisse, vide et triste. Personne dans les ruelles 'dallées' de plaques de béton. Encore moins sur la nationale. Impressionnant !

Passage à Mansilla de las Mulas. La petite ville est un peu plus active. On y installe un podium pour une fête à venir. Coup de tampon à l'auberge pour attester de notre passage. Arcades sur la Plaza del Grano.

On continue sur le Chemin jusqu'à l'entrée de León. Pas toujours très praticable mais plus calme et plus sécure aux abords de la capitale de la province.

Le GPS de Rémi, certainement requinqué par la balade en espace bien découvert, nous mène droit à notre petit hôtel, Plaza san Isidoro, établissement sympathique, un peu vieillot mais parfaitement situé, à 350m de la Cathédrale et du magnifique centre-ville.

Les ânes sont parqués dans une cour intérieure. Les bagages montés à la chambre. Douche traditionnelle, sandwich et 1er tour en ville, tout de suite ressentie comme chaleureuse et accueillante. Moins de monde qu'à Burgos, atmosphère plus détendue. Le soleil y était certainement pour quelque chose !

Balade dans le centre et le long des remparts. A plusieurs endroits, quelques "Contributions à la Culture des Masses" parfaitement désolantes. Quel besoin de ce 'foutage de gueule' coûteux et laid ?

On garde les pièces maitresses (Cathédrale etc..) pour le lendemain. Quelques gouttes de pluie en fin d'après-midi. Un orage pète une fois ou deux. Rien de sérieux. Excellent dîner pris à la terrasse de l'hôtel, sur la place, face à la Basilique.

 

 

 

 

 

Au loin, l'église de Castrovega de Valmadrigal.

Au loin, l'église de Castrovega de Valmadrigal.

Au-delà de cette limite, générateur conseillé...

Au-delà de cette limite, générateur conseillé...

Main Street, Santa Martas

Main Street, Santa Martas

Mansilla de las Mulas. Clin d'oeil aux Français de passage.

Mansilla de las Mulas. Clin d'oeil aux Français de passage.

Au bord du Chemin, un févier d'Amérique

Au bord du Chemin, un févier d'Amérique

A l'approche de León.

A l'approche de León.

Pas encore au bout de nos peines !

Pas encore au bout de nos peines !

Statue equestre de San Isidoro tuant les infidèles, sur la facade de la basilique, à León

Statue equestre de San Isidoro tuant les infidèles, sur la facade de la basilique, à León

La basilique San Isidoro

La basilique San Isidoro

La cathédrale de León, de jour.

La cathédrale de León, de jour.

Quelques détails, de nuit.

Quelques détails, de nuit.

Arcs-boutants le long de la nef

Arcs-boutants le long de la nef

...sous un autre angle...

...sous un autre angle...

...ou un troisième.

...ou un troisième.

Tour droite sur la façade.

Tour droite sur la façade.

Une contribution à la culture des masses.

Une contribution à la culture des masses.

Un autre 'foutage de gueule'...

Un autre 'foutage de gueule'...

8 septembre 2023. León all day.

On manque vite de superlatifs pour décrire les richesses offertes aux yeux du visiteur à León. Aussi vaut-il mieux laisser parler les photos. La première impression ressentie en arrivant hier s'est confirmée mille fois tant le centre-ville regorge de trésors : monuments, petites rues, places ombragées etc.. le tout baigné du soleil et de la lumière douce de fin d'été.

Intérieur de la Basilique San Isidoro

Intérieur de la Basilique San Isidoro

Déambulatoire dans la Basilique

Déambulatoire dans la Basilique

Les Compagnons tailleurs de pierre ont laissé leurs marques

Les Compagnons tailleurs de pierre ont laissé leurs marques

Colegiata de San Isidoro

Colegiata de San Isidoro

Autre 'foutage de gueule'

Autre 'foutage de gueule'

Les remparts.

Les remparts.

A l'approche de la Cathédrale

A l'approche de la Cathédrale

Quelques travaux à prévoir.

Quelques travaux à prévoir.

Nouveau choc en pénétrant dans la Cathédrale.

Nouveau choc en pénétrant dans la Cathédrale.

Reflets des vitraux sur les vitres entourant le choeur.

Reflets des vitraux sur les vitres entourant le choeur.

Martyr de Saint Sébastien

Martyr de Saint Sébastien

Le Maître-Autel

Le Maître-Autel

Un détail du Maître-Autel

Un détail du Maître-Autel

Boiserie du choeur. Sainte Judith décapitant Holoferne

Boiserie du choeur. Sainte Judith décapitant Holoferne

Roméo et Juliette  ; ) ...

Roméo et Juliette ; ) ...

Sièges du choeur

Sièges du choeur

Magnifiques statues polychromes

Magnifiques statues polychromes

Déambulatoire du Cloïtre. Détail de la voute.

Déambulatoire du Cloïtre. Détail de la voute.

Autres détails. Un travail de Maître.

Autres détails. Un travail de Maître.

Statue du Roi Salomon...

Statue du Roi Salomon...

...et de la Reine de Saba.

...et de la Reine de Saba.

On ne discutait pas le Dogme avec celui-ci... ou on terminait sur le bûcher.

On ne discutait pas le Dogme avec celui-ci... ou on terminait sur le bûcher.

Un tympan polychrome

Un tympan polychrome

Détail d'une réalisation monumentale de Gaudi : la Casa Botines

Détail d'une réalisation monumentale de Gaudi : la Casa Botines

Petit retour sur le parvis fleuri.

Petit retour sur le parvis fleuri.

Une architecture toute en finesse

Une architecture toute en finesse

On peut imaginer la taille de la clé...

On peut imaginer la taille de la clé...

Derrière la Cathédrale

Derrière la Cathédrale

Arcades de la Plaza Mayor

Arcades de la Plaza Mayor

Deux vues de la Plaza Santa Maria del Camino

Deux vues de la Plaza Santa Maria del Camino

Coin secret à l'écart des bruits de la ville.

Coin secret à l'écart des bruits de la ville.

..... à suivre...

Voir la deuxième partie pour découvrir la suite du périple !

Voir les commentaires

Rédigé par johnsbikingtrips

Publié dans #Compostelle 2023

Repost0

Publié le 8 Novembre 2023

2ème partie

2ème partie

9 septembre 2023. León - Astorga. 60 km.

Quelques coups de tonnerre tôt le matin. Un ciel bien menaçant...mais au moment du desayuno, le soleil avait repris ses aises dans un azur infini.

La sortie de León n'est pas agréable. Succession de zones industrielles, artisanales et commerciales, plus les inévitables friches qui semblent maintenant entourer toutes les villes dans un concours de laideur.

Rapidement on se rabat sur le Chemin, peu actif ce matin. Mais devons le quitter peu après car les pluies de la nuit l'avaient rendu impraticable aux vélos : coulées de boue, ornières et flaques l'avaient 'bouillassé', nous obligeant à reprendre un bout de la N120.

Les camions et le bruit nous la font quitter de nouveau à Villadangos del Páramo. Le Chemin est sec mais longe la nationale. Au moins, on est en site protégé. On le suivra jusqu'à une dizaine de kilomètres d'Astorga.

Arrêt courses à Hospital de Órbigo où nous restons un bon moment pour admirer le magnifique pont enjambant la rivière Órbigo. Vu le nombre d'arches de ce pont, il doit falloir se méfier du cours d'eau qui nous paraît bien paisible.

Continuation sur le Chemin qui monte progressivement sur un plateau surplombant Astorga. Longue et chaude grimpette tout contre la nationale, sur une vieille voie asphaltée qui avait connu des jours meilleurs .

Après une section de sable et de cailloux bien compactés, on débouche sur une aire de repos pour pèlerins équipée de bancs, offrant une vue extraordinaire sur Astorga, au loin, en contrebas. Une croix, La Crucero de Santo Toribio, en mémoire d'un prêtre mexicain, assassiné en 1928, est dressée juste avant la descente, et "décorée" de nombreux galets et autres souvenirs de passage de pèlerins.

Le ciel devient soudain très noir sur Astorga...

Fin de parcours sur un chemin agricole impossible. Constellé de galets de toutes tailles, défoncé par endroits, plein de flaques et de coulées de boue. Champs de maïs de chaque côté. Puis soudain l'orage qui montait éclate et une pluie de grosses gouttes froides, accompagnée de grêlons, nous tombe dessus au milieu de nulle part.

A un moment, une petite rivière en crue coupe la route, nous obligeant à pousser les ânes de métal entre des rangs de maïs d'un champ bien détrempé, jusqu'à un "pont" très étroit, constitué d'une plaque en béton fendue, qui nous permet de traverser au sec.

Notre hébergement était situé à l'opposé de notre entrée en ville, à deux kilomètres du centre, sur la route La Corogne - Madrid. Inutile de dire que ce sont deux cyclistes pas mal crottés et trempés qui débarquent dans l'établissement, heureux d'arriver après la bagarre contre les éléments.

Débâtage et retour en ville pour une visite qui nous réservera d'excellentes surprises. Dans un angle du parvis de la cathédrale, les vélos sont attachés au seul arbre existant et décision est prise d'aller découvrir Santa Maria de Astorga..

Le choc sera aussi brutal qu'à Burgos. Avec ici, en prime, un musée magnifique. Les photos suffiront à exprimer la beauté de l'édifice et des pièces exposées. Les mots manquent.

A proximité de la cathédrale se trouve un bâtiment conçu par Gaudi : Palais épiscopal et musée. Vu de l'extérieur, le style n'est pas celui qu'on lui connaît. On dirait plutôt le château de Louis II de Bavière vu par Lego. Comparé aux merveilles ornant Barcelone, cette réalisation d'Astorga laisse une impression de kitch. Dommage que l'on n'ait pas eu le temps de voir l'intérieur. Cela aurait peut-être pu permettre de tempérer notre première impression.

Retour à l'hôtel par les petites rues de la ville. On est seuls dans la salle de restaurant éclairée par des néons d'hôpital. Repas pèlerin classique honnête. Entrée, plat, dessert et boisson pour € 13.50. On ne peut pas se plaindre.

21h30 : le patron balaie la salle, le bar est fermé , les lumières éteintes et nous remontés à la chambre pour digérer la visite extraordinaire faite à Santa Maria d'Astorga et son musée.

 

Eglise de Valverde de la Virgen. Quatre couchages disponibles pour cigognes de passage !

Eglise de Valverde de la Virgen. Quatre couchages disponibles pour cigognes de passage !

Le pont des pèlerins à l'Hospital de Óbrigo

Le pont des pèlerins à l'Hospital de Óbrigo

Le ciel se préparait pour accueillir les pèlerins à Astorga

Le ciel se préparait pour accueillir les pèlerins à Astorga

Aire de repos de San Justo de la Vega. Derrière Rémi, au fond, Astorga.

Aire de repos de San Justo de la Vega. Derrière Rémi, au fond, Astorga.

Marque de pèlerin au pied de la Crucero de Santo Toribio

Marque de pèlerin au pied de la Crucero de Santo Toribio

La rivière avait englouti le chemin

La rivière avait englouti le chemin

Façade de la Cathédrale d'Astorga

Façade de la Cathédrale d'Astorga

Un détail de la Façade. Quelqu'un de connu !

Un détail de la Façade. Quelqu'un de connu !

Un livre de chants, parmi les trésors de la Cathédrale

Un livre de chants, parmi les trésors de la Cathédrale

Parmi les nombreuses chapelles : San Lorenzo

Parmi les nombreuses chapelles : San Lorenzo

San Miguel

San Miguel

San Juan Bautista

San Juan Bautista

La Maître-Autel, une véritable cascade de dorures

La Maître-Autel, une véritable cascade de dorures

Le Christ en croix, au sommet du Maître-Autel

Le Christ en croix, au sommet du Maître-Autel

Chapelle de Santiago Peregrino

Chapelle de Santiago Peregrino

Bas-relief en bois polychrome, déambulatoire de la Cathédrale.

Bas-relief en bois polychrome, déambulatoire de la Cathédrale.

L'orgue de la Cathédrale

L'orgue de la Cathédrale

Dans le choeur

Dans le choeur

La pendule astronomique

La pendule astronomique

Une perfection architecturale à donner le vertige !

Une perfection architecturale à donner le vertige !

Un des très nombreux vitraux

Un des très nombreux vitraux

Magnifique panneau de bois sculpté (représentant Goliath ?), daté de 1551, ruiné dans sa transformation en porte !!

Magnifique panneau de bois sculpté (représentant Goliath ?), daté de 1551, ruiné dans sa transformation en porte !!

Un exceptionnel travail de la pierre. Musée de la Cathédrale

Un exceptionnel travail de la pierre. Musée de la Cathédrale

Vie, tentations, souffrances et mort de San Antonio Abad. Anonyme. Début XVIè. Musée de la Cathédrale

Vie, tentations, souffrances et mort de San Antonio Abad. Anonyme. Début XVIè. Musée de la Cathédrale

Livre d'Oraisons d'Albert de Brandebourg. Vers 1534. Fac similé. Musée de la Cathédrale

Livre d'Oraisons d'Albert de Brandebourg. Vers 1534. Fac similé. Musée de la Cathédrale

Texte enluminé. Musée de la Cathédrale

Texte enluminé. Musée de la Cathédrale

Retable gothique de "Transition". XVè - XVIè. Musée de la Cathédrale

Retable gothique de "Transition". XVè - XVIè. Musée de la Cathédrale

Détail du retable. La religion est Amour !

Détail du retable. La religion est Amour !

Détail du retable. Martyr de Saint Sébastien.

Détail du retable. Martyr de Saint Sébastien.

Le palais "Lego" de Gaudi.

Le palais "Lego" de Gaudi.

Retour sur terre... de "l'infiniment beau" à "l'infiniment laid".

Retour sur terre... de "l'infiniment beau" à "l'infiniment laid".

10 septembre 2023. Astorga - Ponferrada. 64 km. Journée chaude et splendide.

Petit déjeuner pris au bar de l'établissement sous une télé qui braillait ses stupidités en boucle dès 7h30. Inutile de dire que l'on n'a pas trainé.

Quittons Astorga sous un ciel pas encore très net, direction Ponferrada, sur la LE-142, une route départementale suivant de près le Chemin. Route impeccable, au revêtement très roulant, peu fréquentée.

Calme absolu du matin dans une campagne qui se réveillait doucement sous le soleil. Tintement des cloches d'églises sonnant les heures. Tintements plus grêles des clochettes portées par les bêtes, éparpillées dans les fourrés en bordure de route, recherchant, dans une végétation courte sur pied, les rares herbes qui y poussaient.

Bref tour du village à Pedredo, vide de tous ses habitants. Le clocher de l'église est lui aussi surmonté d'une chambre d'hôtes pour cigognes de passage.

L'arrêt suivant sera à Rabanal del Camino pour quelques achats au très mini, mais bien garni  'Supermercado'.

On en profite pour visiter la petite église "Nuestra Senõra de la Asunción", "rafraîchissement salutaire" tant elle est simple et dépourvue des ors dégoulinants qui nous assommaient dans toutes celles, grandes et petites, que nous avions vues depuis notre départ.

Petites fenêtres sans prétention laissant filtrer quelques rayons de lumière, dévoilant les pierres d'une belle structure brute, sans riches parements; une alcôve abritant une modeste statue de Saint Jacques, discrètement éclairée; un petit balcon soutenu par une poutre grossièrement équarrie, orné d'une balustrade très rustique; quelques belles pierres et un cintre coloré... Une grande simplicité qui me faisait penser que "tout -en fin de compte- n'est pas pourri au royaume du Danemark", et qui fait du bien à la tête après avoir subi les nombreux bombardements de richesses, déversés sur le profane par une institution qui a depuis longtemps renié ses 'statuts d'origine'..

Une petite bougie brille aux pieds la statue de Saint Jacques, une pensée pour tous ceux que j'aime.

Un moine allemand du monastère voisin (Monasterio de San Salvador del Monte Irago), nous gratifie d'un coup de tampon dans nos carnets, et c'est avec les sacoches regarnies, mais le cœur allégé, que nous quittons Rabanal pour rejoindre la grimpette vers le col de la Croix de Fer, à 1 504m d'altitude.

Les buissons feuillus, les petits chênes et autres végétaux prisés par les troupeaux en liberté font maintenant place à des collines herbeuses parsemées de petits buissons, puis à des bois de sapins.

La route est physique avec quelques raidillons surprise, notamment après le virage au-delà de la Taberna de Gaia à Foncebadón...

La Croix de Fer est atteinte en début d''après-midi. Très haute croix située au niveau du col, au pied de laquelle s'empilent toutes sortes d'objets, de pierres, de galets, de coquilles portant des messages dans toutes les langues. En face, une aire de pique-nique avec tables et bancs posés sur une herbe brûlée, constellée de petites fleurs roses ressemblant à des crocus à tige très courte.

On s'y arrêtera pour souffler et casser la croute. La montée avait brûlé pas mal de calories et le petit déjeuner n'était plus qu'un lointain souvenir.

La descente du col débute fort, sous un soleil timide, mais chaud. Au début, quelques montagnes russes cassent la vitesse mais dans l'ensemble ce seront 20 km parcourus avec très peu de coups de pédales, si ce n'est que de lever celle dans l'intérieur de chaque virage. Les nombreux lacets nous obligeaient malgré tout à ne pas laisser s'emballer les montures. Résultat : une bonne partie de la descente s'est effectuée au frein, à 15-20 km/h. Même pas drôle !!

Paysages magnifiques de tous côtés, vallées profondes, collines pointues, boisées, coupées par des chemins pare-feux et par innombrables lignes de haute tension, coiffées d'éoliennes tout aussi nombreuses. Quelques villages perdus sur les versants.

Le village d'El Acebo de San Miguel est une merveille, dommage que le soleil se soit caché au moment de notre passage. Ici aussi, rues désertes en plein après-midi, hormis près des auberges, à l'entrée du petit bourg.

Continuation sur la LE-142. Passage dans Molinaseca et entrée dans Ponferrada.

Notre hébergement est atteint vers 16h00. Les sacoches sont laissées dans la chambre et les cyclistes repartent pour une balade vélo en ville. Le centre, près du château est très animé. C'est la foire. Des stands offrant toutes sortes de marchandises, souvenirs, confiseries, produits régionaux etc. sont installés dans les rues. Le soleil est de retour. La foule est nombreuse et très bruyante. On fera deux BA pour un jeune cycliste japonais parti sans rustines...

Installés à la terrasse d'un café sur la Plaza de la Virgen de la Encina, on observe les passants. Les pèlerins, même 'déguisés' en touristes sont facilement reconnaissables au bronzage s'arrêtant à la cheville et aux tongs salvatrices portées après la journée de marche.

Après une bonne découverte des quartiers centraux et une descente le long de la rivière Sil c'est le retour à l'hôtel pour la douche, les écritures et l'attente du dîner. Ce soir, ce sera la spécialité locale : le 'Botillo Tradicional', sorte de grosse saucisse, élaborée à partir de morceaux de porc, fourrés dans un boyau de porc, fumée et semi-séchée. Elle se sert avec des gros morceaux de chorizo, des pommes vapeur et du chou. Inutile de dire que ce n’était pas le repas idéal à prendre avant de se coucher.. Heureusement, la fatigue et la bouteille de vin de Bierzo ont quelque peu contribué au sommeil...

Belle journée de pédalage. Satisfaction d'être parvenu au col de la Croix de Fer, sur le vélo, avec tout le barda, -malgré le dénivelé- Paysages magnifiques, à couper le souffle, soleil, vent, senteurs de pins et de fleurs.. Que demander de plus à la vie ?

 

 

 

 

En bleu, le trajet du jour

En bleu, le trajet du jour

Petit à petit on se rapprochait

Petit à petit on se rapprochait

Une agriculture en milieu "hostile"...

Une agriculture en milieu "hostile"...

... Seul salut, un peu d'élevage

... Seul salut, un peu d'élevage

La modeste église de Rabanal del Camino, l'alcôve et la statue de Saint Jacques.

La modeste église de Rabanal del Camino, l'alcôve et la statue de Saint Jacques.

Le choeur de l'église, le cintre peint

Le choeur de l'église, le cintre peint

Quelques belles pierres subsistent

Quelques belles pierres subsistent

Le balcon

Le balcon

Element de bois gravé parmi les balustres du garde-corps

Element de bois gravé parmi les balustres du garde-corps

La campagne à la sortie de Rabanal

La campagne à la sortie de Rabanal

Il commençait déjà à faire chaud

Il commençait déjà à faire chaud

Arrivée à croix de Fer

Arrivée à croix de Fer

Les petits 'crocus' (?) de l'aire de pique-nique

Les petits 'crocus' (?) de l'aire de pique-nique

1 504m tout de même !

1 504m tout de même !

Dans la descente vers Ponferrada

Dans la descente vers Ponferrada

Beaucoup de bruyères en fleur !

Beaucoup de bruyères en fleur !

Le Chemin des pèlerins à pied.

Le Chemin des pèlerins à pied.

Le relief se corsait

Le relief se corsait

On n'avait pas idée de ce qui nous attendait..

On n'avait pas idée de ce qui nous attendait..

La rue principale de El Acebo de San Miguel

La rue principale de El Acebo de San Miguel

Une maison de la rue principale

Une maison de la rue principale

Un décor de porte

Un décor de porte

Le château de Ponferrada

Le château de Ponferrada

Autre vue du château

Autre vue du château

C'est la fête en ville !

C'est la fête en ville !

L'église de San Andrés, Ponferrada

L'église de San Andrés, Ponferrada

11 septembre 2023. Ponferrada - O Cebreiro. 57 km, très très physique à partir de Ruitelán.

Nuit un peu compliquée à cause du 'Botollo Tradicional'...

Mise en route vers 9h00 sous un ciel très menaçant. Montée vers la N VI et route vers l'ouest.  Premiers kilomètres sans problèmes puis crachin de plus en plus dru.

Arrêt à Villafranca del Bierzo où le ciel est sec. Passage à la Oficina de Turismo pour un coup de tampon et pour les achats de midi.

Un doute à la sortie de Villafranca : la N VI emprunte un tunnel, mais après avoir bien vérifié, celui-ci n'est pas interdit aux vélos. Continuation en fond de vallée longeant le rio Valcarce. Belle nature de part et d'autre de la route, suivie en bordure par les pèlerins à pied. Depuis la mise en service de l'autoroute toute proche la nationale a perdu de son attrait et les villages étapes en souffrent.

Le ciel s'éclaircit et nous gratifie de soleil pendant 40km, nous permettant même de "déjeuner" au sec à l'entrée de Ruitelán. Mais à peine la cantine fermée, c'est une nouvelle drache, froide et interminable qui nous cloue pendant 1h00 sous un arbre puis sous un porche dans l'attente d'une accalmie. 

Vers 14h30 la météo s'arrange un peu et on repart en empruntant la CV125/1 à la sortie de Ruitelán. Avant le village de La Faba, virage en épingle à cheveux à droite cette fois sur la CV125/15.

Et c'est là que ça se gâte.....

La suite, jusqu'au sommet, sera une succession de pentes de plus en plus raides, en sous bois et à découvert. Le soleil était réapparu et avec lui des mouches hargneuses qui s'attaquaient au cycliste transpirant comme un bœuf. Quelle énergie dépensée à les chasser !.. Les paysages en contrebas et au loin étaient magnifiques : vallées profondes, successions de collines, de montagnes, éclairées par une belle lumière, prairies et bois de feuillus, sorbiers couverts de baies rouge-vif..... et d’arrêter pour contempler toute cette beauté était l'excuse supplémentaire que je me donnais pour 'voler' quelques instants de répit à la côte.

Après des efforts dont je ne me serais jamais imaginé capable, j'ai dû néanmoins mettre pied à terre et me résigner à pousser le vélo. Quelques faux-plats me permettent de remonter en selle mais très rapidement je dois renoncer et faire la route à côté de mon âne de métal, à 4.5km à l'heure. Presque plus épuisant que de pédaler...

Rémi m'attendait à chaque virage, sur chaque bosse, m'encourageant, me donnant des conseils, et c'est grâce à son aide et à sa patience que je suis enfin parvenu, vers 17h30, à atteindre la grande zone herbeuse surplombant le village d'O Cebreiro, à (seulement...) 1 330 m d'altitude..

O Cebreiro : perché sur un col, un hameau magnifique de quelques maisons solidement bâties; deux-trois splendides "yourtes de Schtroumpf" en pierre, (des pallozas), coiffées d'un toit de chaume conique dissymétrique (avec tressage de la paille pour l'une d'entre elles). Une courte rue principale dallée, quelques auberges/hostals de pèlerins, un bar-restaurant ou deux.. des boutiques de souvenirs et une belle petite église surplombant l'ensemble. On était en Galice !

L'impression ressentie à l'arrivée est indescriptible. Lumière déclinante de fin d'après-midi, le froid qui s'installait pour la nuit, la rue qui se vidait. Plus de bruit. Mais au loin, vers le sud, le soleil éclairait encore vivement les hauteurs, alors que les brumes envahissaient progressivement les vallées pour finalement nous engouffrer nous aussi. On était sur notre toit du monde... et le bonheur était d'avoir découvert ce lieu et d'avoir réussi ce qui me paraissait inatteignable. Les efforts de l'après-midi n'étaient plus qu'un lointain souvenir comparés à une telle récompense. O Cebreiro restera pour moi le cadeau le plus extraordinaire que m'a offert le Camino Francés. 

Dîner à la chaleureuse taverne "Venta Celta" en face de notre hostal. Après une rapide promenade digestive dans le village vide de présence humaine, c'est retour à nos appartements. C'est une fois encore l'occasion de refaire la journée.

Extinction des feux de bonne heure car l'ampoule de 11W perchée à 4m ne permettait pas de faire grand chose d'autre.

Sortie de Ponferrada. Encore un gâchis d'argent public.

Sortie de Ponferrada. Encore un gâchis d'argent public.

Y'a que ça de vrai pour faire avancer les cyclistes... ; )

Y'a que ça de vrai pour faire avancer les cyclistes... ; )

La N-VI suit la rivière Valcarce

La N-VI suit la rivière Valcarce

Conséquence de la crise immobilière de 2008...

Conséquence de la crise immobilière de 2008...

Ruitelán. C'est à partir d'ici que ça se gâte.

Ruitelán. C'est à partir d'ici que ça se gâte.

Cycliste heureux en attente d'une accalmie.

Cycliste heureux en attente d'une accalmie.

En route pour le sommet...

En route pour le sommet...

Une nature à couper le souffle ...

Une nature à couper le souffle ...

Le cycliste accompagnant sa monture à 4.5km/h...

Le cycliste accompagnant sa monture à 4.5km/h...

...et pendant ce temps-là, Rémi frais et dispo...

...et pendant ce temps-là, Rémi frais et dispo...

Enfin en haut ! Aérés par un vent glacial !

Enfin en haut ! Aérés par un vent glacial !

A l'entrée du village, plaque illustrant la légende de O Cebreiro

A l'entrée du village, plaque illustrant la légende de O Cebreiro

La légende

La légende

Une maison de Schtroumpfs

Une maison de Schtroumpfs

Une autre encore...

Une autre encore...

La même vue sous un autre angle

La même vue sous un autre angle

Belle lumière de fin d'après-midi

Belle lumière de fin d'après-midi

On ne peut pas se lasser d'admirer un tel spectacle

On ne peut pas se lasser d'admirer un tel spectacle

Le sorbier devant l'église

Le sorbier devant l'église

Un travail d'artiste

Un travail d'artiste

Le Chemin a-t-il besoin de tant de précision ?

Le Chemin a-t-il besoin de tant de précision ?

Le village se vidait...

Le village se vidait...

...et la brume en prenait possession pour la nuit.

...et la brume en prenait possession pour la nuit.

12 septembre 2023. O Cebreiro - Sarria. 46 km.

Malgré l'insonorisation inexistante entre les chambres des "Habitaciones Frade", la nuit de sommeil ne fut pas perturbée outre mesure, les autres clients de l'hostal ayant certainement autant besoin de récupérer de leur 'escalade' que nous.

Le paysage est magique au réveil, car tous les fonds de vallées au nord sont sous un épais matelas de nuages. Au sud, de longs filaments encombrent la partie encaissée du relief.

Le soleil levant colore le ciel de rose, puis, progressivement de bleu. Les couleurs des différents plans de paysages qui nous entourent passent par une succession de dégradés de gris teintés de rose avant de retrouver leurs couleurs 'habituelles', une fois le soleil suffisamment haut dans le ciel.

Le lever de soleil est magnifique et beaucoup de pèlerins sont assis sur le muret à le contempler. De nombreux autres sont déjà en route.

Petit déjeuner à la taverne d'hier soir. La totale, pour préparer les cyclistes en vue des efforts du jour.

Mise en route vers 9h10, comme très souvent. On commence par une belle et longue descente, malheureusement coté nord du col, donc à l'ombre, donc bien fraîche.. Court passage dans les nuages avant de ressortir au soleil sur un autre versant. On en profite pour franchir deux nouveaux cols, dont un de plus de 1 300m d'altitude.

Aujourd'hui, le parcours se fait de bout en bout sur la LU 633, départementale sympa et "scénique", peu fréquentée, en majeure partie en descente, YESSS !

Arrêt à Triacastella pour provisions et un café, car malgré le soleil,  il ne faisait pas chaud à descendre de O Cebreiro, pendant des kilomètres .

Continuation up and down jusqu'à Sarria où l'on arrive vers 13h30 sous un soleil éclatant et très chaud, après avoir pique-niqué dans un petit parc au bord du rio Sarria.

La B&B est extra. Les ânes de métal sont remisés dans un garage. Après une préparation de l'étape du lendemain, les cyclistes partent explorer le quartier, véritable petit village qui semble totalement indépendant de la partie centrale de la ville, moderne et bruyante.

Rues piétonnes, étroites et calmes, vieilles maisons, jardins murés, auberges, restaurants... Pas étonnant car la rúa Maior est en même temps le Chemin et semble n'appartenir qu'aux pèlerins.

 

 

On était sur le toit du monde. Vue vers le N-O...

On était sur le toit du monde. Vue vers le N-O...

... et vers le N-E !

... et vers le N-E !

Premières lueurs du matin vers le sud.

Premières lueurs du matin vers le sud.

...et quelques minutes après...

...et quelques minutes après...

Avant l'effort, le réconfort !

Avant l'effort, le réconfort !

Encore une vue magique !

Encore une vue magique !

La brume se dissipe rapidement

La brume se dissipe rapidement

Les sorbiers sont partout. 1

Les sorbiers sont partout. 1

Un peu plus haut qu'hier !

Un peu plus haut qu'hier !

Les fonds de vallée devront attendre le soleil un peu plus longtemps !

Les fonds de vallée devront attendre le soleil un peu plus longtemps !

Notre parcours en Galice

Notre parcours en Galice

Peu à peu on se rapprochait du but

Peu à peu on se rapprochait du but

Les sorbiers sont partout. 2

Les sorbiers sont partout. 2

La rua Maior à Sarria

La rua Maior à Sarria

Le Camino est un énorme business...

Le Camino est un énorme business...

13 septembre 2023. Sarria - Palas de Rei. 50 km.

Démarrage 'sous la couche'. Passage à la Oficina de Turismo pour obtenir un coup de tampon et descente par la rúa Corga do Convento pour rejoindre la LU 633 en direction de Portomarin. Ça commence fort dès les premiers coups de pédale. Nombreuses côtes qui vont nous casser les jambes tout au long de la journée. Circulation assez dense. Arrêt à la mairie de Paradela pour le coup de tampon des 100 km restant à couvrir jusqu'à Santiago. Pas de chance, on est encore à 114 km du but.

Durant mes périples vélo, je me suis toujours demandé pourquoi la route empruntée semble toujours avoir choisi de passer par les points les plus élevés, et non d'en faire le tour ?

La LU 633 continue de monter et de descendre et de zigzaguer dans une direction N-O, jusqu'aux abords de la rivière Minho qui arrose Portomarin. Un premier pont est atteint enjambant un bras du Minho, le rio Loio.

La vue de part et d'autre du pont est surprenante : vaste vallée herbeuse, évasée, parcourue par un mince filet d'eau. Difficile d'imaginer qu'elle puisse se remplir, bien que des marques de niveau apparaissent clairement, sur chaque berge.

Quelques coups de pédale supplémentaires nous amènent au Ponte nova de Portomarin, très haute structure donnant accès à la nouvelle ville rebâtie sur la berge opposée. Un second pont, en contrebas, près de l'eau permet de traverser la rivière au niveau des anciennes berges. 

Quelques traces du vieux village ainsi qu'une section d'arche de pont médiéval sont visibles, l'eau du barrage ne les couvrant plus actuellement.

Tel le Temple d'Abu Simbel sauvé des eaux, en amont du barrage d'Assouan, l'église romane de San Pedro, l'église forteresse de San Nicolas, ainsi que quelques anciens palais médiévaux, furent démontés pierre par pierre et rebâtis sur la colline voisine, avant que les restes de l'ancien village ne soient livrés aux eaux du barrage Belesar, construit au début des années 1960. 

Ces restes émouvants me rappelaient la vue de bâtiments et d'écluses réapparus à l'air libre, tels des fantômes du passé, lors de la dernière "vidange" du barrage de Guerlédan, en Bretagne.

Après un passage en ville, nous continuons sur la LU 633 en direction de l'Hospital da Cruz, puis de Ventas de Narón, sur une jolie petite route étroite serpentant parmi les plantations de sapins et d'eucalyptus.

Depuis 100km environ, nous partageons le Chemin avec des pèlerins de plus en plus nombreux.

Parmi eux, quelques 'authentiques', tels ceux rencontrés dès Pampelune, ou même avant, chargés de lourds sacs à dos, qui en disent long sur les distances franchies et l'effort consenti, avançant lentement, seuls ou à deux ou trois, en silence...

...et depuis peu, une autre variété, celle des "pèlerins consommateurs" d'un mini Camino vendu "clés en mains" par de nombreux tours opérateurs, leur fournissant le petit sac à dos, la gourde et la coquille, les déposant le matin et les reprenant le soir... transportant même leurs bagages d'une auberge à l'autre... 15kg et 28km max. pour la modique somme de 6 euros... 

Tout aussi improbable que l'impact de la course de vitesse de "notre" jeune cycliste japonais, rencontré à Ponferrada, et qui s'était donné 4 jours pour traverser l'Espagne, que restera-t-il à ces 'pèlerins' d'un nouveau monde pour qui la notion "d'immédiateté" a remplacé celle du temps long, de la patience et de l'effort ?

A une époque la légende de Saint Jacques a galvanisé les esprits de la Reconquista, participant à la libération du pays du joug Sarrasin. Aujourd'hui, l'emprise est d'un autre ordre : celle de l'énorme commerce qui s'impose tout au long du Camino, et qui peu à peu, le dénature.

La Tradition doit-elle évoluer ?

Bon, assez râlé...

Au delà de Ventas de Narón, la minuscule route passe par une succession de vieux villages, nichés dans une campagne verdoyante, étapes buvettes/ restaurants pour la foule de pèlerins qui y défile : Lameiros et sa chapelle, Ligonde, Portos, Lestedo, où nous arrêtons pour découvrir l'église de Santiago et le singulier cimetière qui l'entoure..

A l'auberge Mesón A Brea, la route se transforme en un petit chemin peu praticable pour nous et très fréquenté. Après trois cents mètres de bagarre avec les ornières et un gymkhana peu agréable entre les piétons, on quitte le Chemin pour gagner la N 547 toute proche, pour une finale d'un kilomètre ou deux vers Palas de Rei.

Notre hébergement à l'étape se situait à l'entrée Est de Palas, dans la rúa Cruceiro. Restaurant et café bar à proximité. Vélos en sécurité au garage de l'hostal.

Le temps restant avant le dîner, que l'on prendra en bas de 'chez nous', est occupé à trouver un point de chute pour le lendemain et la nuit suivante, en principe , à Santiago. 

Inutile d'imaginer dormir à Compostelle ! Les prix proposés sont délirants. Résultat : on rétropédale, reculant progressivement sur la N547, dans l'espoir de trouver un hébergement satisfaisant au niveau prix et disponible pour deux nuits...

Cette nouvelle donne entraine que l'étape vers Compostelle devra attendre le surlendemain.

Après de nombreux essais on trouve finalement une chambre à O Pedrouzo, petite ville sur la N547, située à 52 km de Palas de Rei et à environ 27km de Compostelle (soit 55km A/R Pedrouzo).

Bien que cela occasionne des kilomètres supplémentaires (au niveau du retour le soir), nous confirmons cette option.

Le restaurant des pèlerins en bas de l'hostal nous sert un excellent repas, mais à € 30 chacun on sent que le Graal n'est pas loin et que l'Indulgence est plus coûteuse ici qu'à Carrión de los Condes...

 

En bordure de route, vieux bâtiments de ferme couverts de lauzes.

En bordure de route, vieux bâtiments de ferme couverts de lauzes.

Au premier pont, non loin de Portomarin, le minuscule rio Loio, alimentant le Minho.

Au premier pont, non loin de Portomarin, le minuscule rio Loio, alimentant le Minho.

Autre vues du rio Loio, en aval du pont.

Autre vues du rio Loio, en aval du pont.

Les marques de niveau sont bien visibles

Les marques de niveau sont bien visibles

Au nouveau pont

Au nouveau pont

Le nouveau pont. En face, Portomarin

Le nouveau pont. En face, Portomarin

Le rio Minho, en amont du pont

Le rio Minho, en amont du pont

...et en aval

...et en aval

Autre vue de l'aval montrant les restes du pont médiéval.

Autre vue de l'aval montrant les restes du pont médiéval.

On se rapprochait du but !

On se rapprochait du but !

Les plantations de pins et d'eucalyptus, après l'Hospital da Cruz

Les plantations de pins et d'eucalyptus, après l'Hospital da Cruz

L'Ermitage de Lameiros

L'Ermitage de Lameiros

La petite église de Lestedo et son singulier cimetière

La petite église de Lestedo et son singulier cimetière

14 septembre 2023. Palas de Rei - O Pedrouzo. 52 km sans intérêt particulier....

On met en route sous la couche, qui peu à peu se lève faisant place au soleil qui tape encore bien fort à la mi-septembre.

La N547 sera une succession de montagnes russes ne permettant aucune récupération 'en plateau'. Descentes interminables pour traverser un minuscule ru et montées tout aussi interminables se terminant par une nouvelle descente... Up and down toute la journée.

Résultat : chaleur plus relief = sauna gratuit pour cycliste. 

Arrêt à Boente pour photographier un Hórreo, grenier à grain typique, sur 'pilotis', que l'on voit un peu partout en Galice. Coup de tampon à la petite chapelle du village, envahie par de nombreux touristes.

Autant on voyait peu de monde à 500 km du but, autant le Chemin, bordant la route, se remplit rapidement à l'approche de Santiago...et autant les sacs à dos s'allègent.

Dans Arzúa rencontre avec un couple de cyclistes Néerlandais, partis depuis 5 mois de leur domicile pour un périple via le Portugal. Ils pensaient être de retour à la maison courant novembre...

Quelques kilomètres plus loin, une partie du trafic quitte la Nationale pour emprunter la nouvelle autoroute, en construction. On retrouve un calme relatif. L'arrêt pique-nique sera l'occasion de ramasser des noix tombées des nombreux noyers qui bordent la route.

Après quelques milliers de coups de pédale supplémentaires, nous atteignons O Pedrouzo, étape du jour.

Le "centre-ville"  nous paraissant trop bruyant, ce sera dîner à la pension.

 

 

'Pèlerins' des derniers 100km

'Pèlerins' des derniers 100km

Le Hórreo de Boente

Le Hórreo de Boente

Dans la chapelle de Boente

Dans la chapelle de Boente

Il faudra attendre demain..

Il faudra attendre demain..

Très souvent, le Chemin bordait la route.

Très souvent, le Chemin bordait la route.

15 septembre 2023. O Pedrouzo - Santiago de Compostela et retour. 55km difficiles.

Quelle journée d'émotions !

Après un petit déjeuner sérieux (car le relief allait être pénible, surtout sur les chemins grossièrement empierrés, en sous-bois), nous démarrons sur une petite route sortant de O Pedrouzo par le nord-ouest, direction Santiago située à seulement 20 km... Très rapidement le revêtement devient problématique.

Le parcours est très compliqué à cause des caillasses et du sable. La pluie des derniers jours avait sérieusement creusé les chemins formant des ornières sableuses, difficiles à négocier en vélo.

Le chemin passe dans des plantations de pins et d'eucalyptus, utilisés dans la fabrication de la pâte à papier. A l'ombre il fait très frais mais au soleil on commence déjà à cuire.

On arrive en ville via des zones industrielles et autres quartiers sans intérêt touristique, réussissant même à nous perdre dans les petites rues étroites du centre de Saint Jacques.

Soudain, c'est la claque de voir les deux flèches de la cathédrale au détour d'un virage dans une ruelle bondée de visiteurs de tous pays, jeunes et vieux, à pied ou à vélo, certains dans un état visible d'épuisement, d'autres, équipés de la dotation 'tour opérateur' : mini sac à dos-gourde-coquille, déambulant frais comme des gardons.

Comme tous les autres pèlerins, on débouche sur la Praza do Obradoiro, face à la cathédrale.... et on réalise l'exploit accompli sur les routes et les chemins d'Espagne. 1238 km de coups de pédale ! Foule immense, cris de joie, photos, pour commémorer l'accomplissement du rêve. Certains sont allongés à même les pavés de la place, les bras en croix, abrutis par les efforts qu'ils ont déployés pendant tant de jours sur le Chemin. 

Une conférence se tient dans le grand hôtel des rois catholiques situé sur un côté de la place qui est surveillée par des dizaines de policiers, certains même sur les toits des bâtiments. Un drone fait du stationnaire..

Passage à la Oficina de Turismo pour un coup de tampon et ensuite direction le Bureau d'Information des Pèlerins de Compostelle dans le but d'obtenir la Compostela attestant notre Périple.

L'Office est remarquablement organisé pour 'traiter' les demandes des très nombreux pèlerins qui se présentent au bureau.

Une préinscription sur écran nous délivre un ticket nous permettant de nous mettre dans la file d'attente.

Quand notre numéro apparait sur l'écran on est priés de se diriger vers le comptoir correspondant où une personne tamponne nos carnets, nous délivre le certificat authentifiant notre pèlerinage ainsi qu'un certificat des kilomètres parcourus.... puis on passe à la caisse régler les €4 chacun plus les €2 pour les tubes de protection.

Extraordinaire ! Les Voies du Seigneur ont rapidement intégré le dernier cri informatique pour soutirer un mini denier du Culte aux pèlerins trop heureux d'être parvenus à destination.

Quel bonheur d'avoir réussi !

On fête l'évènement avec une bière, une assiette de frites, saucisse, salade, croquettes...le tout coiffé d’œufs sur le plat.

Repas de gala !

Demain on reviendra pour visiter la cathédrale et faire un saut jusqu'au Cap Fisterra.

 

 

Belle lumière du matin

Belle lumière du matin

Près de Compostelle

Près de Compostelle

Les chevaux et leurs cavaliers étaient prêts pour l'écurie

Les chevaux et leurs cavaliers étaient prêts pour l'écurie

A R R I V É S !!!

A R R I V É S !!!

La Place devant la Cathédrale

La Place devant la Cathédrale

L'Hôtel des Rois Catholiques

L'Hôtel des Rois Catholiques

Saint Jacques est partout...

Saint Jacques est partout...

....de part et d'autre de la place

....de part et d'autre de la place

Entre les deux flèches

Entre les deux flèches

Sur le chemin du retour, des chemins magnifiques mais difficiles..

Sur le chemin du retour, des chemins magnifiques mais difficiles..

...en caillasse mal damée.

...en caillasse mal damée.

16 septembre 2023. Santiago de Compostela et Cap Fisterra.

Comme dit précédemment, on avait gardé le lendemain de notre arrivée pour les visites :  essentiellement la cathédrale, la messe des pèlerins et le Cap Fisterra.

On est devant la porte de la cathédrale dès 11h00 pour être sûrs de trouver une place face à la Chapelle majeure et pour pouvoir observer tout le rituel de mise en action du Botafumeiro, cet immense encensoir de 1.6m de haut suspendu à une corde de 65m sous la tour lanterne de la cathédrale. Beaucoup de pèlerins sont déjà là. Attente interminable et enfin à 12h00 précises, la messe commence....et dure 45 minutes sans que le Botafumeiro ne soit lancé.

Grosse déception, car, sans minimiser la portée de la messe pour les pèlerins qui ont fait la route pour raisons spirituelles, c'est un évènement que l'on voit rarement ailleurs qu'ici.

Explication : il est actionné uniquement lors de la messe de midi du vendredi.

Messe et visite de la cathédrale finies, nous nous "joignons" aux nombreux touristes qui déambulent dans les petites rues étroites et bordées d'une multitude de restaurants, d'auberges et de magasins de souvenirs qui peu à peu transforment Compostelle en une filiale espagnole de Disneyland. Une excellente paella termine la visite du matin.

L'après-midi sera consacré à la découverte de Cap Fisterra, le deuxième cap le plus occidental d'Espagne.

Pour des raisons de temps disponible, le choix est fait d'y aller en voiture. Heureusement d'ailleurs, car le relief vers la côte est très accidenté.

On y arrive sous un soleil magnifique. L'endroit, perdu au bout d'une route qui ne cesse de monter depuis la ville de Fisterra, rappelle les côtes sauvages bretonnes et celles de l'ouest de l'Écosse. Les quelques arbres ont du mal à s'imposer et la nature est pas mal bousculée par l'afflux massif de touristes.

Visite de la pointe, coup de tampon à l'hôtel jouxtant le sémaphore, une bière, quelques photos et on repart. Sympa d'y être allés mais un peu décevant quand-même. Beaucoup de monde et trop peu de pèlerins venus brûler leurs habits de pèlerinage sur la plage en contrebas.

§§§§§

Pour conclure, mais est-ce possible (et souhaitable) ?...

Il faudra du temps pour "absorber" les plus de 1 000 km de vélo parcourus à travers le nord de l'Espagne, tantôt sur le Chemin, tantôt sur des routes qui le longeaient, pour revivre toutes les étapes, se souvenir de tant de belles rencontres, digérer les trésors du Chemin, certains somptueux et d'autres modestes. Il faudra du temps pour réaliser que ce voyage, prévu depuis plusieurs années, avait soudain été accompli.

...Et il faudra du temps pour répondre à la question : "pourquoi l'avons-nous fait ?".

Pour le moment, je ne peux offrir qu'une explication : "parce qu'il fallait le faire !"

 

 

Face à la Chapelle majeure

Face à la Chapelle majeure

Une partie des orgues

Une partie des orgues

L'autre partie, en mirroir

L'autre partie, en mirroir

Détail de la Chapelle majeure

Détail de la Chapelle majeure

Autre détail de la Chapelle majeure

Autre détail de la Chapelle majeure

La corde du Botafumeiro

La corde du Botafumeiro

Autre détail de la Chapelle majeure

Autre détail de la Chapelle majeure

Il y a tant à regarder !

Il y a tant à regarder !

Maramore !

Maramore !

Santiago de Compostela à vélo, par le Camino Francés. 2ème partie
Voûtes de la cathédrale

Voûtes de la cathédrale

Santiago de Compostela à vélo, par le Camino Francés. 2ème partie
 A l'air libre. Trop de dorures tue la dorure !

A l'air libre. Trop de dorures tue la dorure !

Une vue extérieure de la cathédrale

Une vue extérieure de la cathédrale

Affiche au Cap Fisterra

Affiche au Cap Fisterra

La côte sauvage

La côte sauvage

Le sémaphore

Le sémaphore

La croix du Cap

La croix du Cap

On avait réussi notre pari...

On avait réussi notre pari...

...la preuve !!

...la preuve !!

Voir les commentaires

Rédigé par johnsbikingtrips

Publié dans #Compostelle 2023 _ 2

Repost0

Publié le 19 Septembre 2022

Bretagne 2022, 750 km de vélo le long des côtes du Finistère et du Morbihan

Éviter à tout prix de devoir subir le stress engendré par les procédures d'emport des vélos dans les trains de la SNCF oblige à des 'sacrifices', quand il s'agit de se rendre au point de départ du périple projeté.

Dans des articles précédents, j'ai très souvent fait part des déconvenues subies suite aux attitudes anti-commerciales de la compagnie nationale -sclérosée par sa position de monopole- qui rame à contre-courant d'une évolution profonde des besoins des usagers, sourde et aveugle aux attentes de ceux-ci. 

Cette année nous avions décidé de parcourir une partie des côtes du Finistère et du Morbihan, avec comme point de départ Morlaix. Pour ce faire, nous avons préféré traverser la Bretagne en diagonale, via les Monts d'Arrée, sous les très fortes chaleurs de début août. Nous en avons bavé, mais ne le regrettons pas.

C'était le 'prix à payer' pour éviter que notre périple ne soit gâché au départ ou à l'arrivée (ou les deux), par des stupidités administratives, (billets vélos à €1, obligatoires dans TER Bretagne durant l'été, vendus via internet seulement...); matériels ferroviaires 'en retard d'un métro' (place insuffisante malgré les résas et rangement difficile des vélos); aménagements en gare inadaptés au passage d'un quai à l'autre (ascenseurs trop petits...) ou, finalement, personnels qui ne savent que faire 'remonter' les commentaires, sans qu'il n'y ait jamais aucune réponse..

Messieurs les Directeurs de la SNCF, ouvrez les yeux, écoutez le client. Regardez ce qui se fait ailleurs. Ne rendez pas le transport 'punitif', plein de complications et d'interdits. Soyez proactifs.  Nous ne sommes plus au temps de la 'vapeur'. Le siècle a changé, les besoins ont évolué et ceux que vous appelez 'clients' pourront bientôt,  je l'espère de tout cœur, trouver ailleurs ce qu'ils cherchent, si vous vous arc-boutez à ne pas vouloir le leur proposer.

Un jour, peut-être, les choses s'arrangeront ? .. Mais place au voyage !

Notre parcours à travers la Belle Bretagne.

Notre parcours à travers la Belle Bretagne.

....et il le fut, sans modération !

....et il le fut, sans modération !

Nouveauté cette année : Sylvie a étrenné son nouveau vélo. Un Kalkhoff Endeavour 5B Move+ équipé d'une batterie de 625W, pour ne pas avoir à recharger à chaque étape. Une belle merveille qui me laisse maintenant souvent derrière elle, surtout quand le relief s'en mêle.

C'était la condition pour pouvoir sortir des chemins de halage et autres véloroutes, type 'Vélodyssée' et d'envisager des parcours plus physiques, mais par la force des choses, plus compliqués à faire sur son 'P'tit Vélo Bleu'.

L'exercice de cette année a validé le choix, permettant d'affronter des étapes très vallonnées et parfois très longues aussi, et de voyager dans un tout autre état d'esprit. 

Malgré tout, un périple avec VAE et vélo 'standard' entraine une nouvelle problématique. Celle d'une différence de puissance et de vitesse entre les deux vélos, à l'avantage du VAE bien sûr !

Vouloir coller à la roue du VAE comme s'il s'agissait d'un 'derny', n'est pas envisageable. Les puissances disponibles ne sont pas les mêmes....et le cyclotourisme, tel que nous l'envisageons, n'est pas une course.

Il faut donc trouver un modus operandi permettant aux deux vélos de faire le parcours le plus possible ensemble en réduisant la tendance naturelle à 'l'espacement élastique', ayant pour conséquence des attentes fréquentes du plus véloce des cyclistes le long du parcours, notamment au sommet des côtes...

L'équation n'est pas facile à résoudre car il y a une incompatibilité irréductible des forces en présence. 

A terme, je pense que je serai obligé de la résoudre en adaptant une assistance du type 'G.Boost' sur mon vieux "Rock'n'Roll". Wait and See...

 

 

Voici la merveille. Celui de Sylvie est en deux tons de gris.

Voici la merveille. Celui de Sylvie est en deux tons de gris.

1er août 2022. Saint Nolff - Guémené sur Scorff. 70 km, Thermostat 6.

Le ciel est gris au petit matin, mais au départ il brille déjà et ne nous laisse aucun doute sur ses intentions !

Il fera chaud !!

Départ de la maison vers 8h30 direction Saint Avé, Plescop, Grandchamp, Camors, Baud etc. La route n'est pas difficile bien qu'elle me paraisse plus vallonnée que lorsqu'on l'avait parcourue avec Rémi, il y a quelques années.

Arrêt à Baud pour regarder le Monument aux Morts extrêmement poignant, érigé sur la place de l'église. La statue taillée dans de la pierre noire de Kersanton par Henri Gouzien, un Lorientais, représente un couple de paysans en costume traditionnel du pays de Baud se recueillant sur la tombe de leur fils. Le socle est décoré de bas reliefs en fonte patinée représentant des adieux avant le départ à la guerre; le départ du train pour le front; une scène de guerre dans les tranchées; des tombes de poilus dans une forêt. Un monument bien différent de ce que l'on a l'habitude de voir !

A Camors, expo de Teuz (bons génies de la maison), sur la place de la Mairie

A Camors, expo de Teuz (bons génies de la maison), sur la place de la Mairie

Le monument aux Morts de Baud

Le monument aux Morts de Baud

Les adieux avant le départ à la guerre. La reverrai-je ? Reviendra-t-il ? Chaque fois on jure que c'est la der des der...

Les adieux avant le départ à la guerre. La reverrai-je ? Reviendra-t-il ? Chaque fois on jure que c'est la der des der...

Un vitrail de l'église de Baud.

Un vitrail de l'église de Baud.

On remet en route vers Saint Barthélémy, puis descente vers le Blavet où un banc de pique-nique sur le halage à l'écluse de Boterneau tombe à pic. On était contents d'avoir déjà parcouru 50 km sur les 70 de la journée, car le soleil tapait fort et je me souvenais que les kms restants jusqu'à Guémené sur Scorff, sur la D142, n'allaient pas forcément être une partie de plaisir, vu la chaleur et le relief.

Arrivons à Guémené un peu tôt pour déposer nos affaires à la chambre d'hôte. Une boisson chez Louisa, sur la place et un tour en ville, avec passage au sympathique Office du Tourisme et visite des "Bains de la Reine", nous amèneront tranquillement à 17h30.

Dîner à Guémené sur Scorff un lundi soir au mois d'août présente un sérieux défi. La Crêperie que nous avions connue avec Rémi est fermée depuis longtemps. Par chance, notre chambre d'hôte proposait aussi l'option table d'hôte. Chloé nous sert un excellent repas végétarien, original et copieux, dans son petit restaurant 'Olrun'. Notre chambre était agréable. Très sympathique séjour après la première journée de vélo.

 

 

Saint Barthélémy lui-même, rencontré dans son église.

Saint Barthélémy lui-même, rencontré dans son église.

Maison de Guémené sur Scorff. Le soleil tapait dur.

Maison de Guémené sur Scorff. Le soleil tapait dur.

Le présent semble avoir effacé un passé plus glorieux...

Le présent semble avoir effacé un passé plus glorieux...

En pleine Gavotte Pourlet !

En pleine Gavotte Pourlet !

2 août 2022. Guémené sur Scorff - Saint Thégonnec. 96 km. Thermostat 7.

Départ un peu tardif de Guémené suite à une longue conversation avec notre hôtesse. La sortie du bourg en direction de Plouray commence par une côte interminable puis ce sera une succession de bosses plus ou moins raides jusqu'à l'étape du soir. Pas étonnant, car la route tracée traversait l'est des monts d'Arrée. Courses à Plouray à la petite épicerie.

Arrêt à Trégornan, à l'ombre de l'église, pour remettre des calories dans la chaudière, le petit déjeuner de Chloé étant depuis longtemps totalement consumé.  Cet arrêt nous permet de découvrir un ossuaire situé dans l'ancien enclos paroissial et qui renferme une grande quantité d'os entassés contre un des murs intérieurs.  "Les ossements qui s'y trouvent proviennent des vieilles tombes et de la fosse commune. La tradition voulait qu'après un laps de temps suffisant, on déterrait le défunt, par souci de place, et on apportait son chef dans l'ossuaire suivant un rite bien établi." (Texte copié sur le panneau explicatif situé dans le porche d'entrée de l'église). Il s'agit d'un des ossuaires les plus représentatifs de Bretagne.

Continuation sur Glomel, Paule, et Carhaix. On s'arrête au Moustoir pour pique-niquer sur le muret de l'église, offrant un coin d'ombre bien apprécié.

Sortie de Carhaix par la route qui passe devant la gare afin de rattraper le départ de la voie verte au lieu-dit 'Kergonan'. Le sol en sable et graviers est relativement bien compacté et sec. L'alternance de passages au soleil et à l'ombre fait du bien, même si la section empruntée jusqu'au croisement avec la D769, est en faux-plat montant.

Au niveau du 'Bistrot atypique' (Locmaria Berrien - croisement de la VV et de la D769), on quitte la piste pour suivre la D769. Montée interminable sur une route ombragée par de nombreux grands arbres. A Berrien, après un 'plateau', on profitera d'un peu de descente avant de devoir remonter jusqu'au lieu-dit Créac'h Ménory d'où part la route de Pléber-Christ.

Encore une belle succession de côtes raides, dont la dernière sera à l'entrée de Saint Thégonnec, (normal), où l'on arrive enfin vers 19h30, bien épuisés par la distance, le relief et la chaleur. L'idée d'équiper 'Rock'n'Roll' d'une forme d'assistance commençait à devenir plus qu'une option envisageable.

Une douche et un excellent repas à "l'Auberge de Saint Thégonnec" nous aident à retrouver nos esprits. Une courte balade digestive autour des édifices religieux, situés juste en face, clôt cette très longue et difficile journée.

 

 

La moisson était finie depuis 'belle-lurette'

La moisson était finie depuis 'belle-lurette'

On aurait bien aimé....

On aurait bien aimé....

Un vitrail de la vieille église de Trégornan

Un vitrail de la vieille église de Trégornan

L'ossuaire de Trégornan. Leur dernier domicile...

L'ossuaire de Trégornan. Leur dernier domicile...

A gauche de l'église, l'ossuaire.

A gauche de l'église, l'ossuaire.

En effet, ce jour-là on l'avait atteinte !

En effet, ce jour-là on l'avait atteinte !

Finalement !

Finalement !

Dans l'enclos paroissial de St Thégonnec

Dans l'enclos paroissial de St Thégonnec

Illuminations à St Thégonnec.

Illuminations à St Thégonnec.

3 août 2022. Saint Thégonnec - Sud de Cléder. 63 km. Frais le matin, beau le midi, frais le soir.

Mise en route tardive après un petit déjeuner extra et une visite de l'enclos paroissial situé juste en face de l'Auberge.

Magnifique ensemble : Autant l'église Notre Dame projette une image de sobriété, même d'austérité vue de l'extérieur, autant elle très richement décorée au-dedans. Un guide nous propose une visite commentée mais faute de temps nous devrons décliner son offre. Il faudra revenir.

L'ossuaire, situé juste à côté, contient une Mise au Tombeau exceptionnelle, datant de la fin du XVIIè siècle, en chêne massif polychrome. Elle est l’œuvre de Jacques Laispagnol, Maître sculpteur de Morlaix.

La visite terminée on met en route vers Morlaix dans un premier temps, en empruntant la D712 qui est un régal. "Pas un chat" car la route est doublée par une Nationale, passant juste au nord de la nôtre.

Courses au Netto à l'entrée de la ville et continuation plein nord par un chemin -qui n'a plus de secrets- le long de la Corniche, avec arrêt traditionnel au Frout pour ramasser un coquillage; puis faubourgs de Carentec, et à partir du Pont de la Corde, la Voie Verte en direction de Saint Pol de Léon... et enfin Roscoff, vrai départ de notre périple.

Contrairement à l'épouvantable tempête de pluie et de vent du 19 juin dernier, que nous avons subie lorsque nous sommes revenus de Roscoff à Morlaix avec ma fille, la météo cette fois est splendide !

Arrêt juste avant l'entrée de Saint Pol pour le pique-nique, que nous prenons sur la petite plage au bout du chemin menant à la chapelle Saint Charles Borromé. La plage est à nous, hormis une autre personne partie au loin fouiller les rochers et quelques retraités prenant le soleil. Un coin de paradis, avec en face, l'îlot Sainte Anne et ses pins.

Passage dans Saint Pol; plein des gourdes au cimetière et remise en selle par la piste cyclable jusqu'à 'Roscoff-ville', bien animée sous le soleil. Une pensée en passant devant le restaurant 'Le Surcouf'.

A partir de Roscoff, j'ai préparé la majeure partie du périple (avec pas mal de variantes personnelles malgré tout) en me basant sur le vélo-guide intitulé "Le tour de Bretagne à vélo", Ed. Ouest France. Hormis quelques erreurs de tracé (par exemple, près de Riec sur Belon il nous faisait passer dans une propriété privée), il s'est avéré d'une aide précieuse, notamment au niveau du calcul des distances. Le tour de Bretagne suit majoritairement des chemins et routes correctement balisées par des petits panneaux 'vélo' classiques.  Parfois, aux intersections, il faut les chercher, mais se perdre de temps en temps n'est jamais un problème. Les gens du coin sont souvent heureux de proposer de l'aide au cycliste perdu.

De là, on suit la véloroute du littoral, très bien fléchée, jusqu'à à Sibril. Puis, la quittant, ce sera direction sud-ouest, vers Tréflaouénan. Peu avant le bourg, dernier virage à droite vers le grand bois de sapins de Coat Pin, étape de la journée. Le ciel se couvrait et le vent se levait.

La chambre d'hôtes, originale et chaleureuse, est située au milieu d' immenses champs sableux, propices aux artichauts, aux oignons et à toutes sortes d'autres cultures maraichères, en lisière d'un bois de résineux et de feuillus, bordant des rangées de serres dans lesquelles notre hôte cultive des camélias qu'il fournit aux grandes jardineries et autres magasins verts.

Du fait de son éloignement des restaurants ouverts ce soir-là, Monsieur Jégou nous propose de nous véhiculer jusqu'à Cléder pour dîner et de nous ramener ensuite. Comment refuser, d'autant plus qu'en quelques minutes, une entrée maritime avait noyé la région d'un brume épaisse et froide. Cela ne durera pas mais d'avoir évité de devoir repartir en vélo nous convenait parfaitement.

Que notre hôte en soit, une fois encore, chaleureusement remercié !

Retour à nos appartements vers 21h00 après un bon repas. Balade digestive parmi les serres et extinction des feux pour un repos bien mérité. Ce que l'on avait vu depuis Roscoff augurait de belles découvertes à venir...et avec une météo pareille, que demander de mieux ?

 

Intérieur de l'église de Saint Thégonnec

Intérieur de l'église de Saint Thégonnec

La Mise au Tombeau en chêne polychrome

La Mise au Tombeau en chêne polychrome

Sur une pile du pont de la N12, à la sortie de Morlaix

Sur une pile du pont de la N12, à la sortie de Morlaix

Sur l'autre pile..

Sur l'autre pile..

Un coup à boire sur la route de la Corniche

Un coup à boire sur la route de la Corniche

Notre plage de pique-nique. En face, l'îlot Sainte Anne

Notre plage de pique-nique. En face, l'îlot Sainte Anne

Une partie des serres de notre hôte à Cléder

Une partie des serres de notre hôte à Cléder

4 août 2022. Sud de Cléder - Lannilis. 71 km de bonheur et de très beau temps.

Une fois encore une conversation intéressante avec notre hôte et un autre couple nous retient un peu plus que prévu au petit déjeuner. Pour gagner du temps et quelques kilomètres sur les 91 prévus à l'origine, on décide de faire une directe sur Plouescat pour y rattraper la Véloroute de la littorale à la sortie du bourg, au lieu-dit 'Pont Christ'.

Mise en route plein ouest en quittant 'La Canopée des Pins', sur une petite route très peu fréquentée, sous un soleil qui promettait déjà. Continuation sur la D35 jusqu'à l'intersection avec la D10 menant à Plouescat, heureusement peu fréquentée à cette heure..

Arrêt pour admirer la superbe charpente de la halle. La Véloroute quitte la côte et serpente à travers la campagne sur des routes agricoles, passant au travers de Tréflez pour rejoindre Goulven. Là, l’école du Vieux Poirier, avec sa grille en fer et son petit préau, semble s'être figée dans une temps depuis longtemps révolu. Elle rappelle tant de beaux souvenirs d'enfance... Face à elle, un poing levé jaune et bleu, posé sur un petit bâtiment, nous ramène en 2022 et rappelle hélas que les temps ont changé. 

Nous retrouvons la côte. La Véloroute suit le pourtour ouest de l'anse de Goulven et conduit à Plounéour- Trez. Achats pique-nique et remise en route le long de la magnifique côte bordée d'immenses plages de sable blanc et d'eaux turquoises.

Passage à Brignogan. A un endroit, un petit chemin quitte la route et fait le tour du sémaphore. Les énormes blocs de granit, en contrebas, côté mer, nous offrent un coin idéal pour déjeuner. Les vues sont époustouflantes. Très peu de monde.

L'excellent balisage de "La Littorale" nous promène le long d'une côte d'une exceptionnelle beauté, sur des chemins et petites routes peu fréquentées. Le phare de Pontusval se dresse de ses 15m au bout de la plage de Pors Pol. Un passage dans les terres nous fait découvrir la Chapelle St Pol avec sa guérite construite sur un rocher voisin et qui servait de poste d'observation vers le large.

On continue vers le site de Meneham, ("Hameau sur le mont" - un mont de 21m d'altitude quand-même !). Les anciennes maisons du corps de garde chargé de surveiller la mer sont encore là, enfouis entre des blocs énormes de granit, faisant corps avec eux. C'est très impressionnant !

On est dans le pays des paysans, pêcheurs, goémoniers. Une plaque explique le très dur métier de ces derniers. (Lire le beau roman de Joël Raguénès, intitulé 'Le pain de la mer' à ce sujet).

Notre route nous conduit le long de cette côte extraordinaire jusqu'à Guissény, où la chaleur accablante nous commande de nous arrêter, le temps de rafraichir les cyclistes.

Continuation jusqu'à Plouguerneau où l'on décide de faire une directe sur Lannilis via la D113. Quelques kilomètres de belle descente jusqu'aux berges encaissées de l'Aber Wrac'h. La marée basse, la vase sombre et le ciel qui s'était momentanément couvert contrastaient avec la lumière exceptionnelle dont nous avions bénéficié tout au long de la journée.

Arrêt obligatoire pour photos à côté du pont enjambant l'Aber puis encore quelques kilomètres pour nous rendre dans la très surprenante chambre d'hôte réservée à Lannilis.

Tout sera exceptionnel : l'accueil de Françoise, notre chambre, un tipi en dur, le repas délicieux pris en table d'hôte avec un autre couple de cyclistes ! Bravo et merci ! On ne regrettait qu'une chose : d'avoir à remettre en route le lendemain et de ne pas avoir pu profiter plus longtemps de cette étape magique !

 

Charpente de la halle de Plouescat

Charpente de la halle de Plouescat

Au lieu-dit 'Pont Christ' à la sortie de Plouescat

Au lieu-dit 'Pont Christ' à la sortie de Plouescat

Un flacon d'Ajax vitres tous les 100 ans...

Un flacon d'Ajax vitres tous les 100 ans...

L'école du Vieux Poirier à Goulven

L'école du Vieux Poirier à Goulven

2022 se rappelle à nous !

2022 se rappelle à nous !

"Le Large", depuis la rue de la Corniche à Brignogan

"Le Large", depuis la rue de la Corniche à Brignogan

Brignogan-Plage. Un coin 'confidentiel'..

Brignogan-Plage. Un coin 'confidentiel'..

La vue que nous avions de notre "salle à manger privée", au pied du sémaphore

La vue que nous avions de notre "salle à manger privée", au pied du sémaphore

Autre vue 'privilégiée' de notre "salle à manger". Météo fantastique !

Autre vue 'privilégiée' de notre "salle à manger". Météo fantastique !

Le phare de Pontusval, sur la Pointe de Beg Pol

Le phare de Pontusval, sur la Pointe de Beg Pol

En vue rapprochée

En vue rapprochée

Fenêtre sur mer, entre les rochers...

Fenêtre sur mer, entre les rochers...

La chapelle Saint Pol et sa guérite

La chapelle Saint Pol et sa guérite

Une vue du site de Meneham

Une vue du site de Meneham

La côte, non loin du site

La côte, non loin du site

Une minuscule ria

Une minuscule ria

De plus en plus difficile de concilier les attentes des acheteurs et les droits des vendeurs

De plus en plus difficile de concilier les attentes des acheteurs et les droits des vendeurs

Notre 1er Aber !

Notre 1er Aber !

Aber Wrac'h. Ciel couvert, marée basse... aurait pu mieux faire !

Aber Wrac'h. Ciel couvert, marée basse... aurait pu mieux faire !

5 août 2022. Lannilis - Porspoder. 63 km. Météo au beau fixe. Vent du N- NO soutenu qui nous arrange bien.

Quittons Françoise à regrets après avoir profité d'un excellent petit déjeuner en compagnie des cyclistes d'hier soir. On aurait aimé rester un peu plus longtemps. Ici aussi, il faudra revenir.

Nos collègues cyclistes voyagent en tandem. Ils le chargent dans leur fourgon, choisissent un point de chute et font une boucle autour de ce point. Tous deux retraités, et souhaitant continuer à pratiquer le vélo sans se limiter à du chemin de halage ou à la 'Loire à vélo', ils ont installé une assistance sur leur tandem.

L'équipement consiste en un bloc moteur entrainant un galet, tel le système  'Solex'. Celui-ci est monté sous le cadre, dans le trou  de la béquille centrale, avec capteur de régulation sur le pédalier. La  batterie est montée sur le tube selle-pédalier, et les commandes incluant un petit ordinateur de route, sont fixées sur le guidon. Un levier, également au guidon, permet de pousser le galet contre le pneu ou de le désengager lorsque l'assistance n'est pas nécessaire. Ce système leur donne entière satisfaction depuis des années.

Un tel équipement permet de ne pas avoir à changer de vélo pour 'passer à l'électrique'. A voir !

 

Détail du moteur et du système d'entrainement.

Détail du moteur et du système d'entrainement.

Mise en route à 10h00 passées avec comme objectif la visite du pays des des Abers, à commencer par la 'péninsule' entre l'Aber Wrac'h et l'Aber Benoît, que nous découvrons dans le sens anti-horaire. La route de Lannilis vers Saint Antoine passe sur les hauteurs, avant de plonger vers le bourg d'Aber Wrac'h, de passer au nord de Landéda, pour ensuite prendre une direction sud-est à travers les villages bordant l'Aber Benoît et revenir à l'ouest de Lannilis.

Paysages splendides, plages de sable blanc, nombreux bateaux, fleurs, forêts de pins, alternance de petites routes sympa et de sentiers pierreux surplombant l'Aber Benoît.... Un régal pour les sens. A 12h30 nous sommes de retour à Lannilis. Courses pour le pique-nique à la petite boutique bio et remise en route, direction Tréglonou, de l'autre côté de l'Aber Benoît.

Le guide dont je me servais mentionnait que le parcours entre Lannilis et Le Ribl était classé comme 'sportif'. Je confirme !

Un petit parc sur la rive gauche de l'Aber Benoît parait tout indiqué pour le déjeuner. C'était sans compter avec le très fort vent du NE qui soufflait et qui refroidissait considérablement les coins à l'ombre. Le pique-nique est expédié et on remet rapidement en route vers Saint-Pabu en empruntant la D28, relativement plate, évitant ainsi une dizaine de kilomètres de montées et de descentes que les guides touristiques savent concocter pour les cyclistes sans méfiance.

Saint-Pabu borde la rive gauche de l'Aber. C'est un bourg de toute beauté, offrant une vue magnifique sur l'océan. Les plages de sable blanc et d'eaux turquoise se succèdent. Celle de Corn ar Gazel est splendide, si belle qu'elle tire un "oh !" de surprise de Sylvie lorsqu'elle apparaît devant nous.  La véloroute change. Le trajet jusqu'à Portsall, bien que suivant la côte, passe à l'arrière de landes et de dunes masquant la mer.

Arrêt à Portsall pour un rafraîchissement et pour jeter un coup d’œil à l'ancre de l'Amoco Cadiz, ce pétrolier qui a ravagé la magnifique côte bretonne en s'échouant tout près de celle-ci. Une des pires catastrophes maritimes de tous les temps. C'était en 1978. Il faudra 14 années de procédures pour qu'enfin une misérable indemnité soit versée.

Continuation par le tour de la baie pour rattraper la D127 longeant la côte, une côte bien différente de celle du matin. Finis les énormes blocs de granit usés par la mer. Finies les plages de sable blanc. La route est maintenant bordée par des kilomètres d'une lande ininterrompue qui descend en pente douce vers la mer, se brisant sur des 'plages' de roches. Arrêt près de la Pointe de Landuvez pour jeter un œil aux ruines et à la haute borne rouge et blanche de l'ancien sémaphore de type Chappe et remise en route vers Porspoder à quelques coups de pédale de là.

Traversée d'Argenton sur la D27, puis à la Mairie de Porspoder, nous quittons celle-ci pour suivre "La Littorale" le long de la petite route de Gard Sign, puis de Kermerrien, fin de parcours de la journée.

Ses chevaux transférés d'un pré à un autre, notre sympathique hôtesse nous accueille chaleureusement.

Excellent dîner au restaurant "O'Porsmeur", un peu plus loin sur la D27, à côté du port de Melon.

Encore une très belle journée de découvertes, plutôt physique le matin, mais cool en fin de parcours... et quel coucher de soleil !

 

Sortie de Lannilis, un nostalgique des années '60

Sortie de Lannilis, un nostalgique des années '60

"Aber Wrac'h ville"

"Aber Wrac'h ville"

Une vue du port

Une vue du port

Certainement bâtie avant la loi littorale...

Certainement bâtie avant la loi littorale...

Marins en herbe en plein effort

Marins en herbe en plein effort

Le phare de l'Ile Vierge. 82.5m, le plus haut d'Europe.

Le phare de l'Ile Vierge. 82.5m, le plus haut d'Europe.

Les chemins pierreux longeant la rive droite de l'Aber Benoît. Superbe !

Les chemins pierreux longeant la rive droite de l'Aber Benoît. Superbe !

En contrebas, l'Aber Benoît

En contrebas, l'Aber Benoît

Saint-Pabu

Saint-Pabu

Saint-Pabu

Saint-Pabu

Saint-Pabu

Saint-Pabu

Saint-Pabu

Saint-Pabu

La côte change peu à peu

La côte change peu à peu

Le galet était très sec !!

Le galet était très sec !!

L'ancre de l'Amoco Cadiz

L'ancre de l'Amoco Cadiz

L'horreur. (Photo prise à Brest à l'expo "Bel Espoir- Père Jaouen", aux Capucins).

L'horreur. (Photo prise à Brest à l'expo "Bel Espoir- Père Jaouen", aux Capucins).

Le long de la D127, la côte a bien changé

Le long de la D127, la côte a bien changé

Il devrait encore faire beau demain !

Il devrait encore faire beau demain !

6 août 2022. Porspoder all day. 11km de vélo. Fort vent du NE mais grand soleil toute la journée.

Journée détente, suite à la décision que l'on avait prise après le périple de 2021, d'insérer une journée "détente-visite" tous les 4-5 jours . Celle-ci sera la première.

Belle balade sur la presqu'île de Saint Laurent où l'on réussit à trouver un coin pique-nique à l'abri du vent, seuls au monde, face à une mer dont les couleurs restent ahurissantes.

Après avoir déposé les vélos à la chambre d'hôte on entreprend une courte balade à pied par le sentier côtier via le mini port de Mazou, vers le bistrot littéraire "Le Chenal", d'où l'on revient avec plusieurs livres (qu'il faudra transporter dans les sacoches, .. mais tant pis !).

Dîner ce soir à la Crêperie Ty Gwechall, véritable institution, gérée par la même famille depuis 1986. A ne manquer sous aucun prétexte. Personnellement, je recommande la Galette blé noir 'La Molénaise' ! Un régal absolu. (En dessert, la Pomme caramel est une tuerie !). Par contre, l'essai du 'cidre houblonné' ne laisse pas un souvenir impérissable. Ni cidre, ni bière...mais un mélange contrariant les deux.

Retour à temps pour admirer le coucher du soleil, cette fois sur un horizon bien dégagé.

 

Les chevaux devraient avoir assez de foin cet hiver

Les chevaux devraient avoir assez de foin cet hiver

Un vitrail de l'église de Porspoder

Un vitrail de l'église de Porspoder

La côte

La côte

Sur la presqu'île St Laurent

Sur la presqu'île St Laurent

Des rochers couverts de guano

Des rochers couverts de guano

Notre coin pique-nique

Notre coin pique-nique

Tout près de la plage des Dames

Tout près de la plage des Dames

Des paysages à couper le souffle

Des paysages à couper le souffle

Le mini port du Mazou

Le mini port du Mazou

Le cheval de Roy Rodgers

Le cheval de Roy Rodgers

...avec son cavalier

...avec son cavalier

Le coucher de soleil du deuxième soir !

Le coucher de soleil du deuxième soir !

7 août 2022. Porspoder - Le Conquet. 42 km. Très belle météo.

Aujourd'hui on n'est pas trop pressés car l'étape est courte. Au petit déjeuner, pendant que Véro donne à manger à ses deux chevaux, son mari, sosie de De Kersauson, s'épanche sur son passé dans la Royale, sur ses voyages dans le Pacifique et sur la mesquinerie de la 'corporation'.

Mise en route vers 10h00 plein sud sur la D27 jusqu'à Lanildut, petit bourg situé sur la rive droite de l'Aber Ildut, le 3ème Aber. A la sortie de Melon on aperçoit une formation rocheuse étonnante. Est-ce possible que le Sphinx de Gizeh se soit transporté, ni vu ni connu en Bretagne ?

Pendant que Sylvie fait quelques courses pour le pique-nique, je jette un coup d’œil à l'obélisque érigé sur la petite place. C'est la deuxième fois en quelques kilomètres que l'Egypte ancienne est évoquée dans ce coin de Bretagne. Etonnant !

En fait, c'est dans les carrières de Lanildut qu'ont été extraits les éléments du socle en granit rose, 240 tonnes en tout, qui supportent l'obélisque de la place de la Concorde à Paris.

Celui de Lanildut est une réplique au 1/7ème.

Comme on peut lire sur les panneaux explicatifs, le bateau qui a transporté ces masses de pierre taillées et polies a du être coupé en deux dans le port pour permettre le chargement.

Le passeur n'existant plus entre Lanildut et Porscav, situé de l'autre côté de l'Aber, oblige randonneurs et cyclistes à faire le détour via Brélès en suivant la D27, puis la D28 en direction de Plouarzel, et en quittant celle-ci à droite, par le premier chemin rejoignant à la côte. Faute d'indications claires et voulant nous éviter des demi-tours générateurs de kilomètres supplémentaires, nous attendons la D5 qui va directement, plein ouest, à Lampaul-Plouarzel.

De là nous empruntons une petite rue côtière vers le nord en direction de Porscav où nous trouvons un endroit idyllique pour pique-niquer sur le chemin côtier, au bout de la plage de Pors ar Marc'h, face à Lanildut.. Une fois encore seuls au monde ! La mer nous appartient. Il n'y a personne !!

Remise en route vers le sud le long de la côte. On passe l'île Segal où je découvre un nouveau mot sur un panneau de sens interdit : "Sauf cyclistes - Sauf repurgation". On en apprend tous les jours !

Passage obligé à la Pointe de Corsen, point le plus occidental de la France métropolitaine.

La véloroute devient un peu plus vallonnée sur la fin de parcours. Dans un virage remontant de la plage de Kerhornou, des gamins poussaient un vélo, 'ayant beaucoup souffert'. Le dérailleur s'était pris dans les rayons de la roue arrière et avait explosé, la chaine était tordue. J'étais bien lancé dans la côte d'enfer mais ne pouvais me résoudre à les laisser là. Résultat, 1er pied à terre du périple, mais pour la bonne cause ! Dix minutes après, tout le monde était reparti, le vélo 'blessé' transformé en draisienne.

Sur la fin de parcours, nous loupons plusieurs fois les petits panneaux indicateurs de vélo et traçons une directe à l'estime vers Le Conquet que nous abordons par la rive gauche de la ria, après un passage moyen sur une D28 désagréable, puis la D789 jusqu'au centre ville.

Chambre d'hôte magnifique. Hôtesse aux petits soins. Très bon dîner au restaurant "Ar Dagenta".

Une balade en ville le long de la ria dans la rue Troadec et le long du quai du Drellach clôt cette très belle journée.

 

 

Le charme des ruelles de Porspoder

Le charme des ruelles de Porspoder

Le Sphinx ...ou Star Wars ?

Le Sphinx ...ou Star Wars ?

L'obélisque de Lanildut

L'obélisque de Lanildut

L'embarquement du socle. Le bateau est coupé en deux pour permettre le chargement !

L'embarquement du socle. Le bateau est coupé en deux pour permettre le chargement !

Un héron solitaire 'garé' face au vent. Pas question de froisser les plumes !

Un héron solitaire 'garé' face au vent. Pas question de froisser les plumes !

Notre salle à manger.. tout seuls face à l'océan

Notre salle à manger.. tout seuls face à l'océan

Dommage qu'elle soit un peu fraîche...

Dommage qu'elle soit un peu fraîche...

La plage de Pors Ar Marc'h

La plage de Pors Ar Marc'h

Sous les tropiques...

Sous les tropiques...

La plage de Porsévigné

La plage de Porsévigné

La pointe de Corsen

La pointe de Corsen

...à une autre époque

...à une autre époque

Sylvie quittant la pointe de Corsen sur la route de la Stèle. Quelle côte !

Sylvie quittant la pointe de Corsen sur la route de la Stèle. Quelle côte !

Arrivée à Konk-Léon

Arrivée à Konk-Léon

Soleil couchant au port

Soleil couchant au port

Le quai du Drellach

Le quai du Drellach

En attendant la marée.

En attendant la marée.

8 août 2022. Le Conquet - Brest. 39 km. Très beau temps.

Sophie nous sert un petit déjeuner délicieux et très original fait de plein de bonnes choses, beaucoup qu'elle à préparées elle-même.

Après un court passage en ville pour les courses du pique-nique, on met en route, le long de la côte, par la route touristique. Belle corniche (D85) jusqu'à la Point St Mathieu. On ne s'y attarde pas. Continuation vers Plougonvelin après un bref passage au Musée mémoires 39-45.

Des petits panneaux indicateurs 'vélo' nous invitent à quitter la route et à nous rapprocher de la côte. On doit rapidement faire demi-tour car la sente devenait de plus en plus difficile et le souvenir de la 'Promenade Harel de la Noé' à l'entrée de Saint Brieuc nous suffisait comme excuse.

Belle côte interminable à la sortie de Plougonvelin. Après un nouveau raidillon,  passage à Porsmilin, puis directe sur Locmaria-Plouzané via la route de Kerfily. On profite des bancs du parc (à l'ombre) pour le pique-nique et on repart plein est pour Plouzané, profitant de la super piste cyclable en site propre qui nous amènera pratiquement jusqu'à l'entrée de Brest.

Arrêt au Lidl de Plouzané pour ravitaillement en eau, car les robinets des cimetières sont fermés cause mesures décrétées suite à la canicule.

Petits cafouillages à la sortie de Plouzané car la piste cyclable s'arrête brusquement au bout de la rue des Myosotis. Là, il faut prendre à droite pour rattraper la rue de Brest à 200m au sud, et filer sur celle ci vers l'est, jusqu'au carrefour du 'Magasin Vert, Brest Saint Pierre', puis prendre direction sud-est sur la petite route de Sainte Anne du Portzic, direction le phare du même nom.

Arrivés à la côte, on suit la route de la Corniche et son relief bien physique. La route longe, d'un bout à l'autre, les installations militaires, jusqu'au Pont de Recouvrance que l'on franchit en direction de la Rue de Siam, qui n'en finit pas -elle aussi- de monter à son tour....car où serait le plaisir si la chambre d'hôte, terme de l'étape, était en bas d'une côte ?

Installation au petit Hôtel Bellevue, tenu par un couple très sympathique, aux petits soins; vélos rangés dans leur garage juste à côté. Douche et descente en ville pour dîner à la Brasserie Clémenceau. Nourriture : can do better... Prix : can do lower prices... Ne laissera pas un souvenir impérissable.

Très bonne journée de pédalage, heureusement pas trop longue. Demain, repos et visite de la ville que nous ne connaissons ni l'un, ni l'autre.

A la sortie du Musée mémoires à la Pointe Saint Mathieu.

A la sortie du Musée mémoires à la Pointe Saint Mathieu.

Moules-Lard-Frites : un vrai régime de cycliste

Moules-Lard-Frites : un vrai régime de cycliste

Ca y est : arrivons à Brest !

Ca y est : arrivons à Brest !

Porte Océane, hommage aux "gens" des ports de Brest

Porte Océane, hommage aux "gens" des ports de Brest

Une partie de la voile..

Une partie de la voile..

9 août 2022. Brest all day. Les ânes en aluminium se reposent au garage.

Découvrir Brest sous une météo exceptionnelle est un privilège. Ciel bleu et soleil toute la journée, mais vent désagréable et froid en soirée.

On met en route direction le port pour acheter les billets de traversée vers Crozon pour le lendemain. Malheureusement, le "Brestoa" ne permet pas de faire des achats d'avance. Les billets se prennent le jour du départ ! Encore un système archaïque.

Remontée à l'OT pour obtenir les recommandations d'usage. N'ayant qu'une journée à consacrer à la ville l'idée était de cibler des points d'intérêt, sans trop malgré tout, pour ne pas avoir l'air de ces touristes qui 'font' l'Europe en une semaine...

Le matin sera consacré à la visite des Ateliers des Capucins. Pour nous y rendre, quoi de mieux que le super téléphérique qui permet d'enjamber la Penfeld et de passer de la rive gauche jusqu'à l'intérieur même des Ateliers ?

Le très court survol offre une vue extraordinaire sur le pont et les les installations maritimes, en particulier des deux bassins de radoub de Pontaniou.

Une superbe exposition sur l’œuvre remarquable du Père Jaouen, étroitement liée au "Bel Espoir", nous occupe un bon moment, tant l'histoire singulière de cet homme est un exemple dans notre période où tant de jeunes ne semblent pas trouver leur place dans la société.

Un coin des anciens Ateliers est occupé par le Canot de l'Empereur, construit en 1810 pour Napoléon 1er, pour permettre à celui-ci de visiter l'arsenal du port d'Anvers. L'impressionnant volume des Ateliers, aux neuf dixièmes vide,  transforme le canot de 18m de long en simple modèle réduit. Il semble un peu perdu. Un ou deux "copains" seraient les bienvenus.

Une visite de la rue de Saint Malo, rare témoin historique ayant survécu à la dernière guerre mondiale, (le reste ayant été rasé par les nombreux bombardements), nous avait été suggérée par la préposée de l'OT, membre de l'association de sauvegarde. On y accède via un escalier très pentu situé à l'arrière des Ateliers.

C'est une petite rue bordée de vieilles bâtisses en pierre et de jardins dérobés pleins de fleurs et d'arbustes. Ateliers, petits théâtres, restaurants se succèdent. Malheureusement tout était fermé à l'heure de notre passage. En haut de la rue Ronchon, un original a décoré sa maison de coquillages et de moult citations de Pierre Dac.

Retour aux Ateliers pour un snack (excellent) avant de reprendre le téléphérique en vue d'une visite du Musée de la marine, au Château.

Magnifiques salles couvrant l'histoire de la conquête des mers, les navires à travers les âges, les équipements, la vie des marins, les explorations, les infrastructures portuaires... Une section est consacrée aux grandes courses, aux navigateurs, à leurs matériels et leurs exploits.. Le temps file vite tant ce lieu renferme de trésors intéressants.

Poisson au menu ce soir, dans l'excellent restaurant 'La Maison de l'Océan' situé sur les quais où nous étions ce matin. Je recommande le Pesk ha Farz ! Délicieux !

Une courte balade digestive nous amène près du navire 'La Recouvrance', amarré le long du quai.

Grosse surprise : un dauphin a élu domicile tout contre le grand voilier. Il semble parfaitement heureux dans le port. Il fera quelques aller-retours gracieux le long du bateau, sortant la tête de l'eau pour saluer les curieux, puis probablement lassé, disparaitra dans les profondeurs pour ne plus réapparaître.

Le patron de l'hôtel nous confirmera que le dauphin 'vit' dans le bassin depuis de nombreux mois.

 

Vu du téléphérique

Vu du téléphérique

Le Père Jaouen et son frère

Le Père Jaouen et son frère

Le Bel Espoir en chantier

Le Bel Espoir en chantier

Le Bel Espoir reprend la mer

Le Bel Espoir reprend la mer

Le Canot de l'Empereur

Le Canot de l'Empereur

Autre vue

Autre vue

Bretagne 2022, 750 km de vélo le long des côtes du Finistère et du Morbihan
Rue de Saint Malo

Rue de Saint Malo

Rue de Saint Malo

Rue de Saint Malo

Street art rue de Saint Malo

Street art rue de Saint Malo

Autre Street art dans la même rue

Autre Street art dans la même rue

Le goéland a vite fait de tout engloutir

Le goéland a vite fait de tout engloutir

Retour des Ateliers

Retour des Ateliers

Kosa Pan, Ministre du Roi de Siam

Kosa Pan, Ministre du Roi de Siam

Musée de la Marine. Uranie, Muse présidant à l'Astronomie et à l'Astrologie dans la mythologie grècque

Musée de la Marine. Uranie, Muse présidant à l'Astronomie et à l'Astrologie dans la mythologie grècque

Musée de la Marine. "L'Hippopotame en carénage à Brest". Lucien Victor Delpy - 1931

Musée de la Marine. "L'Hippopotame en carénage à Brest". Lucien Victor Delpy - 1931

Le pont de Recouvrance. A sa base, le pont utilisé par les militaires pour aller d'un quai à l'autre.

Le pont de Recouvrance. A sa base, le pont utilisé par les militaires pour aller d'un quai à l'autre.

10 août 2022. Brest - Douarnenez via Crozon (Ferry). 53 km de chaleur torride. Thermostat 8

Nous regrettons de ne pouvoir partir plus tôt, mais le "Brestoa" ne lève l'ancre qu'à 9h30, direction Le Fret sur la presqu'île de Crozon.... et il faisait déjà chaud.

A l'impossibilité d'acheter nos billets de passage hier, s'ajoutent deux autres inepties.. La machine à Carte Bleue n'est disponible qu'à 12h00 (rappel : le bateau part à 9h30), et les chèques ne sont pas acceptés. Résultat : il a fallu pédaler jusqu'à l'autre bout du Port de Commerce pour trouver un DAB. Brestoa, la convivialité, connait pas ! Le monopole n'est jamais bon pour le client... La journée commençait bien !

Trente minutes de traversée à la brise et à la fraîcheur. Ce seront les seules de la journée. Passage le long de la base sous-marine de l'île longue et son panneau "Entrée Interdite", à l'entrée de la base, côté mer. La Marine nationale a de l'humour ! 

Débarquement au Fret et mise en route pour Crozon-ville. Achats pique-nique au marché et mise en route par la VV jusqu'à Tal ar Groas, puis par une suite de zig-zags à travers la belle campagne, jusqu'à Telgruc sur mer. Ce sera ensuite Rosmadec, Rostégoff et enfin la minuscule plage de Porslous sur la VC50, où nous découvrons une petite grotte qui nous permet de pique-niquer à l'ombre. La voute de schistes est très intéressante. Notre 'salle-à-manger donne sur la Pointe du Bellec. 

Paysage magnifique, eau claire mais cette fois les rochers sont angulaires et coupants. Cela ne nous empêchera pas de mettre les pieds à l'eau avant de repartir, direction Pentrez, sous un soleil accablant.

Arrêt au "Transat", un bar idéalement situé en bordure de la très longue plage. On y reste 45 minutes à profiter de l'ombre des parasols...abrutis par la chaleur !

Sortie par l'extrémité sud de la plage, route de Lestrevet, puis Sainte Anne la Palud, Trefeuntec, Kerlaz et enfin notre étape du jour à l'Auberge de Kerveoc'h à deux pas de la VV Douarnenez - Quimper.

Il était 19h30 ! On était épuisés. Quelle journée !! ... heureusement se terminant  par un accueil chaleureux et un excellent repas !

P.S. je ne veux même pas imaginer ce qu'aurait été la journée si nous avions suivi 'La Littorale', qui quitte Brest à l'est par le pont Albert Louppe en direction de Plougastel,  puis Daoulas, Hôpital Camfrout, Le Faou, Pont de Térénez pour déboucher.... 17 km plus loin, à la plage de Pentrez...

 

Le dauphin du port au bain du matin.

Le dauphin du port au bain du matin.

Profitons des derniers instants de fraîcheur.

Profitons des derniers instants de fraîcheur.

Au Fret.

Au Fret.

Le Fret - Crozon direct.

Le Fret - Crozon direct.

Paysage de la presqu'île.

Paysage de la presqu'île.

Le plafond de notre salle à manger de pique-nique

Le plafond de notre salle à manger de pique-nique

Il ne fallait pas trop se redresser, au risque d'être scalpé.

Il ne fallait pas trop se redresser, au risque d'être scalpé.

La table était un peu bancale, mais nous étions à l'ombre.

La table était un peu bancale, mais nous étions à l'ombre.

Vue depuis notre caverne

Vue depuis notre caverne

Une petite trempette avant de repartir

Une petite trempette avant de repartir

L'invitation était trop tentante !

L'invitation était trop tentante !

11 août 2022. Douarnenez - Quimper, via la Voie Verte. 21 km, essentiellement au frais en sous bois.

Mise en route tardive car très peu de kilomètres à faire, et pas question de répéter l'exercice d'hier...

Sur la quasi totalité du parcours, la VV est en faux-plat descendant jusqu'à Quimper. Ancienne voie de chemin de fer, elle serpente en sous bois et ne présente aucune difficulté particulière. Elle est roulante et très agréable. Dommage qu'elle s'arrête à 7 km de Quimper.

Les faubourgs de Quimper sont atteints vers 11h30 et l'hôtel peu de temps après. Vélos rangés dans le garage, douche rapide et départ pour la première exploration de cette ville si proche de chez nous mais que nous ne connaissions pas. Chaleur accablante.

Les rues étroites du centre ville, bordées de belles vieilles maisons à colombages offrent de l'ombre. Les terrasses du côté ensoleillé sont moins prisées.. Beaucoup de touristes partout.

Après une salade et une visite de la cathédrale, c'est retour à l'hôtel pour une session d'écriture de cartes postales..

Dîner au restaurant "L’Épée" sur le quai de l'Odet. Brasserie renommée paraît-il. Nourriture excellente mais ambiance musicale (radio locale) insupportable.

Une balade digestive dans les rues du centre, cette fois désertes, clôt la journée. La rue Kéréon, offre de très belles vues de la cathédrale, illuminée par la lumière chaude du soleil couchant.

 

Une belle véloroute en faux-plat descendant...et à l'ombre

Une belle véloroute en faux-plat descendant...et à l'ombre

Le ciel azur se reflétait sur l'eau calme d'un petit ru.

Le ciel azur se reflétait sur l'eau calme d'un petit ru.

Ca y est, Quimper, sans trop de difficultés

Ca y est, Quimper, sans trop de difficultés

Détail d'un vitrail de la cathédrale

Détail d'un vitrail de la cathédrale

La belle lumière de ce tableau dans l'entrée de notre hôtel

La belle lumière de ce tableau dans l'entrée de notre hôtel

La vue 'classique' de la cathédrale au couchant

La vue 'classique' de la cathédrale au couchant

Le coq, en haut de la flèche, était bien seul face au vent..

Le coq, en haut de la flèche, était bien seul face au vent..

Cette petite statue en bois, aussi..

Cette petite statue en bois, aussi..

12 août 2022. Quimper all day. Très chaud.

Mise en route direction le Musée des Beaux-Arts. Entrée gratuite cause canicule, super ! On y passera un bon moment à admirer de très belles collections d'artistes essentiellement locaux. C'est un musée à ne pas manquer !

Les toiles de Jean Julien Lemordant, 'Contre le Vent', 'Le ramassage du goémon' ... décorations pour la salle à manger de l'hôtel de l’Épée; magnifiques fresques de vie bretonne baignées de lumière, de couleur , de vent et de mer.

Les personnages de Pierre de Belay célébrant les fêtes, les pardons..

Le lumière et la couleur dans 'La rue descendante de Locronan', de Maxime Maufra, et dans 'La Bretonne et l'enfant devant un paysage' de Robert Delaunay..

Le réalisme du tableau de Théophile, Louis Deyrolle : 'Les joueurs de boules'

Encore un brûlage de goémon : celui devant la chapelle de Penmarc'h, de Lucien Simon..

'La vue du château de Pierrefonds' de Corot est une autre merveille !

Dans le domaine de la sculpture, le réalisme du geste de 'La brodeuse de Pont-l'Abbé' et du visage de 'La douleur mentale', deux œuvres de René Quillivic, est extraordinaire.

Tant de belles choses à découvrir. On y serait restés toute la journée !

L'après-midi, c'est au Musée des arts bretons, situé derrière la cathédrale, que nous nous rendons. Immersion dans d'autres arts : mobilier, gravures, photos, costumes, musique... L'expo temporaire "Barzaz Breiz" : chants traditionnels bretons avec l'interview de Andrea Ar Gouilh, nous plonge dans la renaissance de cet art longtemps oublié et qui fort heureusement revit.

Le temps file vite. Un superbe dîner de poisson au "Bar iodé" clôt notre visite de cette belle ville. Il faudra revenir ne serait-ce que pour repasser aux faïenceries Henriot... Une belle assiette et une sacoche de vélo ne sont pas faits pour s'entendre...  

Retour par la rue Elie Fréron et le 'Jardin de la Retraite', un lieu paisible, désert et rempli de plantes et d'arbustes splendides.

 

Les joueurs de boules, de Deyrolle

Les joueurs de boules, de Deyrolle

La douleur mentale, de Quillivic

La douleur mentale, de Quillivic

La Bretonne et l'enfant devant un paysage, de Delaunay

La Bretonne et l'enfant devant un paysage, de Delaunay

Vue du Château de Pierrefonds (Oise), de Corot

Vue du Château de Pierrefonds (Oise), de Corot

Contre le Vent, de Lemordant

Contre le Vent, de Lemordant

Décor de la salle à manger de l'hôtel Kermoor de Bénodet, de Pierre de Bellay

Décor de la salle à manger de l'hôtel Kermoor de Bénodet, de Pierre de Bellay

Le brûlage du Goémon devant la Chapelle de la Joie à Penmarc'h, de Lucien Simon

Le brûlage du Goémon devant la Chapelle de la Joie à Penmarc'h, de Lucien Simon

La brodeuse de Pont-l'Abbé, de Quillivic

La brodeuse de Pont-l'Abbé, de Quillivic

Procession de la mer à Douarnenez, de Pierre de Belay

Procession de la mer à Douarnenez, de Pierre de Belay

Plateau de la Table l'Orchestre, G. Trévoux

Plateau de la Table l'Orchestre, G. Trévoux

13 août 2022. Quimper - Pointe de Mousterlin. 40 km. Beau temps.

Mise en route à 8h15 pour éviter la chaleur, qui s’avérera acceptable comparée aux jours précédents. Sortie de Quimper en longeant l'Odet, rive droite, puis en prenant le halage jusqu'à la rue de la Cale Neuve, puis rue du Four à Chaux et enfin chemin de Kerlagatu, jusqu'à la jonction avec la D20 en direction de Bénodet.

La D20 est très sympa à cette heure du samedi matin. Ombragée, super revêtement, quelques bosses mais rien de sérieux.

A l'intersection avec la D144 on prend à gauche, direction Combrit, puis à la sortie du bourg, un bout de D44, plus passante, mais pourvue d'une bande cyclable. La vue de l'estuaire depuis le sommet du pont est impressionnante. Nombreux bateaux amarrés, dont le seul déplacement semble être vertical :  monter et descendre au gré des marées, dans l'espoir d'une sortie en mer..

Changement de côte, changement de planète. Finis les paysages authentiques du Finistère nord, les landes et les rochers battus par la mer et les vents; les étendues 'sauvages', que les promoteurs et les mairies n'ont pas encore défigurées. Ici tout est urbain, bétonné, ordonné, transpirant le fric.. triste exemple du foncier optimisé à outrance qui rapidement déshumanise notre belle région, gommant peu à peu son âme et sa qualité de vie..

Pique nique debout dans un espace vert sans bancs, au rond point de Menez Groas, à une dizaine de kilomètres de la Pointe de Mousterlin.

Fin de parcours sur de belles pistes ombragées, longeant l'arrière de la dune bordant la plage de Kerler. 

Notre logis se situe près de la pointe mais nous n'aurons pas la chance de la découvrir lors de notre traditionnelle balade digestive, un monumental orage ayant éclaté durant le repas, obligeant le restaurateur à rapatrier tous ses clients 'en terrasse' à l'intérieur de l'établissement sous des trombes d'eau.. Moment de panique pour convives et personnel !

La Baie de Bénodet, depuis le pont

La Baie de Bénodet, depuis le pont

Encore d'autres bateaux qui aimeraient voir la mer...

Encore d'autres bateaux qui aimeraient voir la mer...

Quelques-uns finissent mal

Quelques-uns finissent mal

Un ex-voto dans l'église Saint Thomas Becket

Un ex-voto dans l'église Saint Thomas Becket

Céramique de Bénodet et ses environs

Céramique de Bénodet et ses environs

Belles maisons, Odet rive droite..

Belles maisons, Odet rive droite..

Les derniers kilomètres vers la Pointe de Mousterlin

Les derniers kilomètres vers la Pointe de Mousterlin

14 août 2022. Pointe de Mousterlin - Riec sur Belon. 53 km. Pluie, grisaille et quelques rayons de soleil.

L'orage agit une bonne partie de la nuit. On met en route sous la pluie, la première depuis bien longtemps, celle que l'on attendait les jours de grande chaleur, mais qui en fin de compte, devient rapidement pénible.

Difficile de s'imaginer qu'il faisait si beau hier ! On décide de faire une directe sur Fouesnant par le D145, plutôt que de longer la côte via Beg Meil. La mer sous un ciel pluvieux et gris perd rapidement ses couleurs et son attrait quand on est à vélo. Beau parcours bien accidenté jusqu'à Concarneau, où, à cause de la fête des Filets Bleus, nous sommes obligés de quitter le balisage de la Littorale pour aller nous perdre -déviations oblige- dans les banlieues nord de la ville.

Ce sera un bout de la D783 jusqu'à l'intersection avec la route de Lanriec où l'on retrouve la véloroute (et accessoirement un Intermarché ouvert le dimanche, pour les courses du pique-nique..).

A Lanriec, une voie verte nous mène à Trégunc, où l'abri de bus face à l'église nous protège de la pluie durant le déjeuner dominical.

Cause météo peu engageante, on décide sur une directe de Trégunc vers Pont-Aven, plutôt que de descendre vers la Pointe de Trévignon et de remonter via Névez. Il n'y a pas grand monde sur la D783 très roulante, un dimanche à l'heure du déjeuner, et nous sommes à Pont-Aven en début d'après-midi.

Forte déception car cette petite ville est devenue, par son schéma de circulation totalement inadapté et le 'mythe' qui l'auréole mais qui l'enlaidit, un lieu que l'on a hâte de quitter.

Ville sinistrée par les véhicules, trop nombreux, trop gros, trop bruyants, obligés de passer par le petit centre ville pour continuer leur chemin; sinistrée par la masse des touristes, errant sans but de biscuiterie en magasin de souvenirs sur des trottoirs trop étroits..

Un écrin sacrifié sur l'autel du profit, qui lui aussi a perdu son âme et sa beauté en haute saison touristique. 

Après un bref arrêt, on remet en route par la D4 en direction de Riec, étape du jour.

Quelques erreurs de parcours suite à une carte erronée entrainent des kilomètres supplémentaires. Des promeneurs nous remettent sur le bon chemin, et enfin, vers 18h, on arrive à l'hôtel réservé sur les berges du Belon.

Retrouvailles avec un frère de Sylvie et de vieux amis de Vannes. Une belle soirée passée en leur compagnie au Café de la Plage à l'Anse de Rospico clôt cette avant dernière journée de notre périple 2022.

 

 

 

Proche de Fouesnant

Proche de Fouesnant

La météo avait bien changé

La météo avait bien changé

Bien vu !

Bien vu !

On avait gardé de meilleurs souvenirs de Pont-Aven

On avait gardé de meilleurs souvenirs de Pont-Aven

15 août 2022. Riec-sur-Belon - Lorient et retour Vannes. 60km

La D24 nous mène à Pont du Guilly, Moëlan sur mer puis à Clahors Carnoët. De là, direction le pont de la Laïta et descente sud-est vers Guidel-Plages, Fort Bloqué, Pointe du Talud et Larmor Plage.

La partie littorale ne présente aucun intérêt. Les kilomètres le long de la D152 sont tristes.   L'aménagement de voie partagée, piétons-vélos, bordant la départementale côtière est totalement inadaptée car ne convenant ni aux piétons, ni aux cyclistes. Résultat, on continue notre trajet sur la route. 

Pique-nique sur le front de mer à Larmor-Plage et continuation vers Lorient le long de la côte sur une piste bien balisée. En face, Port Louis, puis la base sous-marine, énorme masse de béton abritant, entre autres, la Cité de la Voile Eric Tabarly.

Les derniers kilomètres vers le centre de Lorient se font sans peine, les rues du 15 août étant désertes. La seule activité semble être le démontage des installations du Festival Interceltique.

Retour à Vannes en fin de soirée. Rock'n'Roll et Corto sont remisés au garage en attente d'un bon nettoyage, heureux que ce soit terminé. Les cyclistes, eux,  se permettent de célébrer la fin de ce nouveau périple, une fois encore, plein de belles découvertes, de beaux souvenirs et surtout d'envies de repartir !

 

Notre garage à vélos à Riec. L'etablissement peut mieux faire !

Notre garage à vélos à Riec. L'etablissement peut mieux faire !

Intérieur de l'église de Larmor-Plage

Intérieur de l'église de Larmor-Plage

La base sous-marine de Lorient, Cité de la Voile...

La base sous-marine de Lorient, Cité de la Voile...

...Eric Tabarly

...Eric Tabarly

Ca y est, vivement 2023 pour recommencer !

Ca y est, vivement 2023 pour recommencer !

Voir les commentaires