Irlande en Vélo - The Ring of Kerry avec ma fille. Waterville-Sneem. Jour 6.
Publié le 18 Novembre 2013
Irlande en Vélo - The Ring of Kerry avec ma fille. Jour 6.
Waterville - Sneem, 39Km.
Inutile de dire qu'après la journée d'hier, j'ai très bien dormi ! Ce matin le ciel est encore gris mais à première vue, le vent semble s'être calmé et il ne pleut pas.
Petit déjeuner de déménageurs chez Margaret Brown. Un coup d'oeil aux grandes photos murales accrochées dans sa salle à manger, décrivant les étapes successives de la pose des cables trans-atlantiques... Le premier, celui de 1858, n'aura fonctionné que deux semaines avant de casser suite à une épissure mal faite....
On se met en route à la fraîche via la rue principale de Waterville. Pas un chat à la ronde. Le front de mer est bien triste avec ses maisons basses que quelques résidents ont essayé d'égayer en les peignant en couleurs vives. Arrêt de rigueur à la statue de Charlie Chaplin sur la promenade de la plage.
Il aimait venir ici se reposer. A voir le village, l'homme avait incontestablement des goûts modestes, ou bien Waterville a bien changé depuis son époque... Superbe maison à la sortie du bourg, entre la route et la mer... Pelouses, drapeaux irlandais, européen et US... Gros bouquet de pins bordant l'allée qui y mène...
La rivière sortant du Lough Currane
Margaret nous avait dit que ça monterait un peu en quittant Waterville, nous rassurant tout de suite: ce ne serait pas comparable à ce que l'on a vécu hier. Avec humour elle nous a certifié que le petit déjeuner serait bien digéré lorsqu'on arriverait en haut de la côte ... alors que l'on ne devait pas hésiter à redemander des toasts..
Une belle demeure totalement à l'abandon..
La côte faisait 7 - 8 kilomètres, mais la pente était douce. Entre temps le ciel s'était dégagé, nous offrant des vues magnifiques de la baie et des Skelligs dégagées de la brume. Mer bleue, fleurs et soleil... enfin.
Pendant la montée...
Dommage que l'on n'ait pas eu ce temps-là hier !
Arrêt photo avant le sommet.
Peu de vent, sauf au sommet du col de Coomakista où les mâts à drapeaux des vélos pliaient comme hier sur le pont.
Un vendeur de miel local battait la semelle en plein vent (au soleil tout de même) sur l'immense parking, arrêt obligé des cars de touristes qui "font le Ring" en une journée...
Obligé de prendre appui tant ça soufflait !
En route, on rencontre plusieurs Américains en quête de leurs origines, dont un qui venait s'établir face aux Skelligs, définitivement.
La vue du belvédère est splendide.
La couleur de nos vestes était fortuite...
Le soleil fait éclater les couleurs en contrebas: les verts, les gris, les bleus, les noirs sans oublier la multitude de points blancs broutant l'herbe rase à longueur de journée... Sans cesse, les passages de cumulus modifient les tons, plongeant les iles devant nous dans l'ombre pour quelques instants avant que le soleil ne s'impose de nouveau.
Bruyère, ajoncs, fuchias, ronces, rhododendrons, roseaux... murs en pierres sèches, petites maisons blanches, rochers... sans oublier les moutons, se disputent le paysage alentour.
Après la montée, la descente... longue et agréable. Peu avant Caherdaniel on décide de prendre une petite route à droite menant à Derrynane House. Encore une longue descente. A part un beau jardin botanique il n'y avait pas grand-chose d'autre à voir.
Jenny à l'abri des feuilles d'un Gunnera...
Tout était fermé. La petite route, au ras de l'eau, permet de rejoindre le village de Caherdaniel en passant devant l'Ogham Stone, une pierre verticale de 2m environ portant les traces du plus ancien alphabet irlandais formé par des combinaisons de traits/demi-traits verticaux, horizontaux ou obliques.
L'Ogham stone
La pierre est plantée au milieu de nulle part, aux intempéries, sans réelle protection ni panneau explicatif. Dommage.
La nature reprend ses droits...
Arrêt au "Blind Piper", pub sympathique, pour un sandwich et une bière.
Quelques écritures en attendant le repas !
La panoplie habituelle des condiments de pub.
A Castlecove on fait un petit crochet par les terres basses pour admirer le site magique.
Encore une... sans commentaires !
Mosaïque d'îles en tourbe, semblant flotter sur l'eau, recouvertes de roseaux courts et d'herbes folles couleur paille, battus par le vent...
Les lumières de ce bel après-midi d'automne nous projetaient en un autre temps.
Un coup de tampon à Castlecove.
"Chat Noir" ?
Puis c'est une nouvelle montée de 4km qui nous écarte peu à peu de la mer nous menant à travers des paysages magnifiques de roches et de bruyères.
Le cadeau sera la descente vers Sneem: 4 km sans donner un coup de pédale !
On y est accueillis par une rangée de maisons peintes. Sur une première place, une stèle à la mémoire de Charles de Gaulle porte l'inscription suivante :
"En ce moment de ma longue vie, j'ai trouvé ici ce que je cherchais: être en face de moi-même. L'Irlande me l'a offert de la façon la plus délicate, la plus amicale. 18 VI 1969".
Quarante-quatre ans après, l'affirmation est toujours très vraie : l'Irlande est un pays où l'on se sent bien. La chaleur des coeurs fait vite oublier la rudesse du climat !
A côté de l'église, un petit pont en pierre enjambe une rivière fougueuse et débouche sur la deuxième place du village.
Chaque bourg en a au-moins une rangée..
Là aussi, rangées de maisons peintes et quelques magasins, dont un vendant de l'artisanat local, essentiellement des lainages...
Pendant que Jenny investigue ce lieu de perdition, j'en profite pour jeter un coup d'oeil à la contribution de Sneem à la culture des masses.
Réalisation à la mémoire de Cearbhall o Dalaigh, Président de l'Irlande, 1974 - 1976
Plantée sur la pelouse de la petite place, elle est là : amas de tôles peintes pliées, expression condescendante d'un "art" qui moque le beau et l'harmonieux ... et malheureusement, comme tant d'autres, siphonne durablement et sans vergogne les deniers publiques, tant par son achat que par son entretien...
Une plaque en laiton explique longuement la "symbolique" de l'imposture; heureusement, car à première vue on dirait un chargement de ferraille tombé d'un camion roulant trop vite... Même l'artiste (Française), semble être à la peine dans ses explications..
L'excellent hôtel est juste à la sortie du village, en contrebas, en bordure d'une ria. Vélos rangés dans la lingerie... Douche ... et un Jamieson's avant le dîner.
Un ciel étonnant, magnifique conclusion de cette très belle journée, se reflète dans les eaux, me donnant juste le temps d'une prise de vue garantie sans retouches.